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Traités et Affaires institutionnelles
L'Union syndicale Luxembourg s’inquiète de la perte d’attractivité du site de Luxembourg
04-11-2013


Dans le cadre des élections pour le Comité du personnel de la Commission européenne au LuxembUnion Syndicaleourg (CLP), qui a lieu entre le 6 et le 19 novembre 2013, l’Union syndicale Luxembourg (USL) a tenu une conférence de presse le 4 novembre 2013.

Dans le programme qu’il a rédigé en vue de cette échéance électorale, le syndicat qui se présente comme le "plus grand syndicat de fonctionnaires européens sur la place de Luxembourg", place la défense de l'attractivité du site de Luxembourg parmi ses cinq priorités, à côté de la défense des acquis du statut, la valorisation du personnel en place et particulièrement des agents contractuels, la prolongation de la méthode d'adaptation salariale acquise jusqu'à 2023 et, enfin, le développement d'une réelle politique sociale.

Le secrétaire politique de l'Union syndicale Luxembourg, Miguel Vicente Nuñez, a particulièrement insisté sur l’attractivité du site de Luxembourg. Il a d’abord mis en avant les problèmes d’immeubles. "On a des problèmes de sécurité et d'hygiène. On a récemment constaté la présence d'amiante, ici, à l'imprimerie de la Commission européenne, qu'il a donc fallu déplacer vers d'autres institutions. On en a trouvé aussi au Centre polyvalent de l'enfance (CPE)", a-t-il dit, selon des propos rapportés par Le Quotidien.

L’attractivité du Luxembourg serait ensuite mise à l’épreuve à la fois par "l'attitude irresponsable de la Commission européenne" et par le "laisser-faire" des autorités luxembourgeoises. Ainsi, Bruxelles récolterait toujours plus les faveurs, tandis que le Luxembourg subirait une "dévaluation hiérarchique". Un accord, scellé en 2003 entre les autorités luxembourgeoises et la Commission, lequel prévoyait "une solution durable pour l'avenir du site luxembourgeois" et garantissait au moins 3426 postes au Luxembourg à la fin 2010, n’est pas respecté. Au 31 décembre 2012, selon le syndicat, il y avait 3 385 postes à Luxembourg.

A cela s’ajoute la progressive dégradation du pouvoir d’achat des fonctionnaires du Luxembourg, par rapport à leurs collègues de Bruxelles. Le coût du logement est principalement en cause. "En 2006, le fonctionnaire de Luxembourg, à mission égale, perdait 5,8% de pouvoir d'achat par rapport à son homologue de Bruxelles. Aujourd'hui, l'écart est de 10,2%!", a-t-il dit, confiant que, "à la première occasion, nos collègues partent pour Bruxelles, qui est plus accueillante et moins onéreuse au niveau du logement", quand ils ne partent pas tout simplement en préretraite.

L’USL est aussi inquiète des conséquences du statut des fonctionnaires. Le nouveau statut, qui entre en vigueur à partir de janvier 2014, va allonger la semaine de travail de 37,5 à 40 heures et augmenter l’âge de la retraite de 63 à 65 ans. Il pourrait mener à un exode des fonctionnaires des institutions, pense l’US-L, selon des propos rapportés par le Tageblatt.

Le sort actuel des contractuels le préoccupe également. Le syndicat constate l’augmentation du risque de "glissade dans la précarité". "On a désormais près de 500 agents contractuels, dont la moitié sont en situation d'exploitation", a déclaré Miguel Vicente Nuñez. Leur mission est assimilée à celle d'ouvriers qualifiés au Luxembourg, mais le salaire (1847 euros bruts) que la Commission leur verse, est de 74 euros inférieur au minimum légal prévu au Luxembourg. L’USL dénonce donc ici une pratique de "dumping social'.