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Traités et Affaires institutionnelles
Nicolas Schmit évoque une initiative conjointe du Luxembourg et de l'Espagne pour relancer le processus constitutionnel européen
14-12-2006


Quelques heures avant le début du Conseil européen qui s’est tenu les 14 et 15 décembre 2006 à Bruxelles, le ministre délégué luxembourgeois aux Affaires étrangères et à l’Immigration, Nicolas Schmit, s’est exprimé dans un entretien avec des journalistes sur des questions liées au processus constitutionnel européen, à l’élargissement et à l’immigration.

Nicolas Schmit a annoncé que l’Espagne et le Luxembourg, les deux pays qui ont approuvé en 2005 le Traité constitutionnel pour l’Europe par voie de référendum, allaient prendre l’initiative de convoquer les représentants des 18 Etats membres qui avaient ratifié le traité pour entamer une discussion sur la meilleure manière de sortir l’Europe de l’impasse institutionnelle dans laquelle elle se trouve. "Deux tiers des Etats membres ont ratifié le traité constitutionnel. Il est nécessaire de préserver le maximum de la substance du texte que ces pays ont approuvé afin que l’UE puisse fonctionner à 27 membres et plus." Une première réunion est prévue pour le 26 janvier 2007 à Madrid. La future Présidence allemande du Conseil de l’UE a été dûment informée de l’initiative luxembourgeoise et espagnole et lui a donné son aval selon le ministre délégué luxembourgeois.

Interrogé sur la question de l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne dans un avenir proche alors que l’Europe pourrait ne pas encore s’être dotée d’un nouveau traité, Nicolas Schmit a répondu que l’UE a des engagements envers la Croatie, avec la quelle les négociations vont être achevées bientôt, comme elle a des engagements vis-à-vis des pays des Balkans occidentaux. "La perspective européenne de ces pays est un facteur important de stabilisation. Une telle stabilisation est dans l’intérêt de ces pays et des Etats membres de l’UE. Mais nous ne pouvons procéder à d’autres élargissements que si l’Union est capable d’intégrer ces nouveaux membres : sur un plan des capacités de décision comme d’un point de vue budgétaire. La réforme des institutions, notamment aussi au niveau de notre politique de coopération, est donc absolument nécessaire. L’UE doit donc mettre sa propre maison en ordre et reprendre le cours de sa réforme institutionnelle et politique. Ceci dit, il ne faut pas brûler les étapes, il faut avancer prudemment en matière d’élargissement, mais sans mettre en cause nos engagements."

 

Interrogé sur la question d’une politique d’immigration européenne, Nicolas Schmit a évoqué les axes essentiels de ce que les Etats membres peuvent réaliser en commun : "D’abord il nous faut aborder solidairement la question de l’immigration illégale, notamment en aidant des pays comme l’Espagne, l’Italie ou Malte, qui sont durement touchés. Ensuite, il faut entrer en tant qu’Union européenne dans un dialogue avec les pays d’origine des migrants. Une approche bilatérale ne peut pas être aussi efficace. Un tel dialogue permettra de mieux organiser l’immigration légale à partir de ces pays, une immigration dont certains pays de l’UE peuvent avoir besoin. Finalement, il faut mettre en commun nos moyens pour lutter contre l’immigration illégale par la surveillance des frontières terrestres et maritimes, y compris celles des pays d’origine, si de tels accords sont possibles, ce qui est déjà le cas pour certains pays. Une telle action n’entamera en rien la souveraineté des Etats membres de pouvoir déterminer pour eux-mêmes le nombre et l’origine des immigrés légaux pour lesquels ils ouvriront leurs frontières."