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Environnement
La préparation de la conférence de Bali au centre des discussions des ministres européens de l’Environnement réunis à Luxembourg
29-06-2007


Le 28 juin 2007, Lucien Lux a présenté les initiatives qui ont été prises par les ministres européens de l’Environnement des 27 Etats membres pour mieux lutter contre le changement climatique. La première est la volonté politique de l’Union européenne d’œuvrer en faveur d’une feuille de route aux négociations de Bali sur l’après-Kyoto La deuxième consiste en une aide de 440 millions d’euros à des pays en voie d’industrialisation qui seront prêts à prendre des mesures d’ajustement en ce qui concerne leur modèle développement. Pour renforcer la stratégie communautaire de réduction de CO2, les ministres se sont accordés pour réduire les émissions de CO2 en provenance des voitures et des véhicules à 120 g/km d’ici 2012. Enfin, les ministres de l’Environnement sont tombés d’accord sur la modernisation de la directive-cadre sur les déchets.

Après Kyoto, la lutte contre le réchauffement climatique continue

Les températures qui ont été mesurées entre 2006 et 2007 étaient les plus élevées depuis 1893. Ces données issues d’une recherche scientifique publiée à la veille du Conseil "Environnement" par l’Institut de Potsdam méritent d’être rappelées. "Ces chiffres qui ont effrayé les spécialistes du monde entier, illustrent à quel point le changement climatique est devenu un défi pour l’humanité entière" a souligné Lucien Lux.

Au lendemain de cette publication, le sujet a largement dominé l’agenda politique des ministres de l’Environnement, réunis à Luxembourg. Durant deux heures, les ministres se sont concertés afin de préparer la conférence de Bali, qui aura lieu en décembre 2007. Placée sous l’égide de l’ONU, cette conférence entame les négociations sur la réduction des gaz à effet de serre pour l’après 2012, lorsque le protocole de Kyoto aura expiré.

Les nombreux rapports de groupe d’experts sur l’évolution du climat, les sommets entre Etats, les conférences qui se sont multipliées au cours des dernières semaines constituent, selon Lucien Lux, la preuve que " le thème du changement climatique s’est imposé sur l’agenda de la politique internationale".

Les ministres de l’Environnement ont constaté avec satisfaction que l’urgence d’avancer contre le réchauffement planétaire est de plus en plus prise en compte par les Etats-Unis d’Amérique et les pays en voie de développement tels que le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Argentine et l’Australie. Lucien Lux dit avoir constaté un changement de paradigme : "Certains pays, ont manifesté leur volonté d’entamer des négociations à Bali, alors qu’à la conférence de Nairobi, ils s’étaient encore contentés de discussions". Et depuis le sommet du G8 de juin à Heiligendamm, "rares sont ceux qui remettent encore en cause les conclusions scientifiques d’experts sur l’évolution du climat " a ajouté Lucien Lux.

L’objectif fixé par l’Union européenne est d’aboutir à un accord mondial avant 2010. "Cependant l’initiative d’une politique ambitieuse en matière de changement climatique doit venir des pays industrialisés" a estimé Lucien Lux en ajoutant qu’il "est de leur responsabilité morale, économique et financière ". Les pays industrialisés, qui sont en grande partie responsables de la pollution atmosphérique, doivent venir en aide à ces pays "qui à l’heure actuelle sont déjà brutalement exposés aux conséquences du réchauffement climatiques".

D’où l’idée de débloquer dans une première phase 440 millions d’euros afin d’aider ces pays à mettre en place des politiques d’ajustement. L’aide sera assortie d’un transfert de technologie des pays industrialisés vers les pays en voie d’industrialisation et prévoit des mesures pour lutter efficacement contre la déforestation, qui a déjà engendré des dommages irréversibles pour notre planète.

"Pour attaquer sérieusement le problème du changement climatique la conférence de Bali doit proposer une feuille de route" ont exigé les ministres de l’Environnement. Une telle feuille de route doit fixer des mesures concrètes et établir un calendrier contraignant.

Le ministre de l’Environnement s’attend à des négociations dures. "Prendre en compte les spécificités de tous les pays et les faire participer à ce processus ambitieux ne sera chose aisée" concède-t-il. Il plaide pour que chaque pays, selon ses moyens et ses capacités apporte sa contribution en vue d’établir une réponse mondiale à un problème dont le caractère mondial est désormais reconnu.

Réduction des émissions de carburant des voitures à 120 g/km d’ici 2012.

Pour renforcer la stratégie communautaire de réduction de CO2, les ministres se sont accordés pour réduire les émissions de CO2 en provenance des voitures et des véhicules à 120 g/km d’ici 2012. Pour les voitures neuves qui sont équipées d’améliorations technologiques sur les moteurs ou au niveau du carburant, la limite est fixée à 130 g/km. Le ministre a encouragé les industries de l’automobile mais aussi les consommateurs à fournir des efforts supplémentaires.

Diverses mesures sont prévues pour inciter le consommateur à un comportement plus responsable en matière environnementale. Un nouvel étiquetage apposé sur les voitures neuves fournit au consommateur des informations sur les nuisances causées par la voiture achetée.

Le ministre a mentionné dans ce contexte une mesure nationale. A partir du 1er janvier 2008, l’achat de voitures dont les émissions de carburant sont inférieures à 120 g/km sera subventionné de 750 Euros par le gouvernement luxembourgeois. Enfin, le texte prévoit l’instauration d’une vignette fiscale qui sera conceptualisée en fonction de critères écologiques, tel qu’est déjà en vigueur au Grand-duché du Luxembourg.

Une nouvelle directive-cadre sur les déchets

Les ministres de l’Environnement sont tombés d’accord sur une nouvelle directive-cadre sur les déchets. Elle vise à clarifier certaines définitions, harmonise les règles et instaure une claire hiérarchisation des déchets qui classe les solutions de traitement en fonction de leur incidence écologique. La directive vise à moderniser le marché du recyclage en définissant à quelles conditions certains déchets recyclables ne sont plus considérés comme des déchets.