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Opinion
Sondage eurobaromètre au Luxembourg: diminution du soutien à de futurs élargissements
12-07-2007


Le 12 juillet 2007, la Commission européenne au Luxembourg a commenté, en présence de Charles Margue, directeur de l’institut de sondage TNS ILReS, les résultats de l’enquête Eurobaromètre "Spécial Luxembourg".

Mettre en lumière la vie des citoyens et la perception qu’ils ont de l’Union européenne, tel est l’objectif du sondage eurobaromètre standard. Publié deux fois par an, en automne et en printemps, ce sondage réalisé depuis 1973 fournit une cartographie détaillée des opinions publiques européennes et permet d’en saisir l’évolution historique.

Les rapports nationaux du sondage ont été présentés simultanément dans tous les Etats membres. Au Luxembourg, l’institut de sondage TNS ILReS a été sollicité par la Représentation de la Commission au Luxembourg pour cerner les opinions publiques luxembourgeoises. Le sondage a tenu compte de la situation démographique particulière du Luxembourg. A cet effet, l’échantillon de personnes interrogées était composé de trois quarts de citoyens de nationalité luxembourgeoise et un quart de ressortissants d’autres Etats membres. Dans l’ensemble, 511 résidents luxembourgeois ont été interrogés.

Le taux de satisfaction de la vie varie en Europe

La proportion des personnes qui sont satisfaites de leur vie varie en fonction de la situation géographique des Etats membres. Tandis que les habitants du nord de l’Europe ont plutôt tendance à être satisfaits de leur vie (exemple : Irlande, Allemagne, pays scandinaves…), le pourcentage est décroissant dans les pays de l’Europe du sud et de l’est. (Italie, Hongrie, Pologne). Fait qui est surtout sensible au Luxembourg où le taux de satisfaction atteint 92 % et caracole traditionnellement entre 80 % et 90 %.

Les plus grandes craintes des citoyens luxembourgeois

Bien que le Luxembourg connaisse une régression du chômage pendant le premier semestre 2007 et une croissance de 6 %, le chômage reste avec 44 % en tête des soucis exprimés par l’opinion publique luxembourgeoise. La deuxième préoccupation des Luxembourgeois est la question du logement (32 %). Il est suivi par la crainte de l’inflation (27 %), du système éducatif (20 %), de la situation économique, de l’immigration et des retraites (10 % chacun). A noter dans ce contexte que la peur du terrorisme arrive seulement en avant dernière position. La comparaison avec la moyenne européenne (12 %), révèle que le Luxembourg y accorde moins d’importance (3 %).

La confiance accordée aux institutions nationales et européennes

Autre enseignement de l’étude : la population luxembourgeoise ne semble pas remettre en cause ni la légitimité des institutions, ni l’appartenance du pays à l’UE. Les résultats obtenus témoignent d’une confiance accrue des citoyens envers les institutions, tant nationales qu’européennes.

Au niveau européen, environ la moitié des personnes (41 %) a confiance dans les institutions nationales. Au Luxembourg le pourcentage s’élève à 66 %.

Au Luxembourg, la légitimité et l’acceptabilité des institutions européennes sont à la hausse. Dans la classification des institutions inspirant le plus de confiance au citoyen, le Parlement européen se place en première position avec 62 % (56 % en Europe), suivi de la Commission européenne 59 % (52 % en Europe) et du Conseil 53 % (47 % en Europe). 74 % de Luxembourgeois contre 57 % au niveau européen estiment que c’est une bonne chose pour le Luxembourg d’appartenir à l’Union européenne. Tandis que seulement 15 % des personnes interrogées au Luxembourg ont exprimé le contraire.

L’image de l’Union européenne

L’UE dispose d’une image positive auprès de 56 % (+ 11 %) des habitants luxembourgeoise. A la question "que représente l’UE pour vous personnellement", les Luxembourgeois ont répondu avec 57 % la paix (33 % en Europe), l’Euro (54 % contre 39 % en Europe), la diversité culturelle (38 % contre 27 % en Europe). L’Europe signifie aussi pour certains, une augmentation de la criminalité (36 % contre 17 % en Europe) et une diminution des contrôles aux frontières extérieures (33 % contre 18 % en Europe). Pour 12 % des Luxembourgeois et des Européens, l’Union européenne engendre une perte de l’identité culturelle.

Pour 52 % de Luxembourgeois (39 % en Europe) l’UE est synonyme de paix, pour 21 % de Luxembourgeois (contre une moyenne de 33 % au niveau européen) l’UE est le garant de la libre circulation des personnes, des biens et des services. Pour 18 % de Luxembourgeois (11 % en Europe) l’UE a mis en place la monnaie unique, l’euro. Le programme d’échange Erasmus se classe en troisième position des éléments invoqués avec 5 %, respectivement 6 % au niveau européen.

La prise de décision

La lutte contre la sécurité, et le terrorisme, la défense, la politique, la protection de l’environnement, la recherche scientifique, le soutien aux régions, l’énergie sont des domaines, qui selon les sondés luxembourgeois, doivent être réglés au niveau communautaire. En revanche, ils estiment que les impôts, la lutte contre le chômage, le système éducatif, les retraites, la santé et la sécurité sociale doivent rester des compétences nationales.

Deux tiers des Luxembourgeois ( 66 %) souscrivent à l’idée d’une Constitution européenne.

Craintes par rapport à la façon dont l’UE évolue

Les résultats de deux questions reflètent une montée des craintes relatives à la façon dont l’UE évolue. La perspective de futurs élargissements est en nette augmentation et est rejetée par 68 % (+ 4 %) de Luxembourgeois (39 % au niveau européen) et 47 % (contre 56 % au niveau européen) s’expriment en faveur d’une Europe à deux vitesses.

Il est important de prendre en considération le fait que le sondage a été réalisé avant les tractations du sommet de Bruxelles, qui a lieu les 21 et 22 juin 2007.