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Elections européennes
Congrès européen de l’ADR – Fir e staarkt Letzebuerg an Europa
14-03-2009


Fir e staarkt Letzebuerg an EuropaC’est sur l’air de l’hymne européen qu’a commencé le congrès européen de l’ADR du 14 mars 2009. En vue des élections nationales et européennes du 7 juin 2009, les responsables du parti se sont déclarés "mieux préparés que jamais" et ils ont déclaré que "si les autres partis sont nerveux, c’est parce qu’ils ont peur de l’ADR".

L’ADR est, rappelons-le, le seul parti politique à s’opposer au principe des listes séparées pour les élections nationales et européennes. En guise d’introduction, Marie-Josée Kodisch-Bausch, la vice-présidente du parti, a rappelé que l’ADR n’aurait par ailleurs jamais dit qu’il voulait des listes séparées. Avant de présenter les candidats pour les élections européennes, elle a aussi souligné "qu’il est plus important que jamais que l’ADR soit représenté au Parlement européen". Parallèlement, elle a abordé une des revendications du programme électoral de l’ADR pour les européennes, à savoir que les élections nationales et européennes ne se déroulent plus le même jour. "L’Europe mérite une campagne spéciale qui ne soit pas dominée par les débats nationaux", a-t-elle souligné en ajoutant que l’ADR présente ses meilleurs candidats pour les élections européennes, et non pas sa "deuxième garde".

L’équipe avec laquelle l’ADR "veut gagner les élections", ne compte pas de femmes, et se compose des candidats suivants : le président de l’ADR, Robert Mehlen (60 ans), député et agriculteur, Manternach, Jean Colombera (55 ans), médecin généraliste, Vichten, Gast Gibéryen, (58 ans), député et bourgmestre d’honneur, Frisange, Jacques-Yves Henckes (63 ans), député et avocat, Luxembourg, Fernand Kartheiser (49 ans), diplomate et président de l’Association des Hommes du Luxembourg, Sprinkange, et Roy Reding, (43 ans), avocat, Folschette.

L’ADR s’oppose à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne

Chacun des candidats a présenté une partie du programme électoral européen. Jean Colombera a abordé Jean Colomberal’élargissement de l’Union européenne en demandant quelle taille "cette construction monstrueuse et diffuse de 27 Etats membres" était censée avoir. Il a souligné que "nombreux sont ceux qui souhaitent voir la Biélorussie, la Géorgie, l’Ukraine et la Turquie adhérer à l’Union européenne". L’ADR, pour sa part, est contre l’adhésion de la Turquie parce que cela porterait atteinte à l’équilibre politique, institutionnel et culturel de l’Europe. Reconnaissant "le rôle important qu’a joué et que joue la Turquie en Europe", le candidat de l’ADR a précisé qu’Ankara doit changer son attitude dans de nombreuses questions, comme l’occupation de Chypre et les droits des femmes, si le pays veut mener des négociations d’adhésion.

"L’ADR a des doutes sur de nouveaux élargissements en général, parce que nous pensons que l’Union européenne n’a pas encore digéré le grand élargissement de 2004 et 2005", a ajouté Jean Colombera. Néanmoins, il a admis que la Suisse, la Norvège et l’Islande pourraient quand-même être accueillis au sein de l’Union européenne, une communauté dans laquelle les petits pays devraient aussi avoir leur mot à dire.

Des revenus minima dans l’Union européenne

Gast GiberyenGast Gibéryen a ensuite plaidé pour "une autre Europe, respectant ses nations et leurs citoyens avec leurs traditions et leurs cultures, une Europe plus démocratique, plus transparente et plus sociale dans laquelle les citoyens ont leur mot à dire". Il a rappelé que "l’Europe a été construite par les eurocrates et les responsables politiques en excluant les citoyens". Ainsi, a-t-il expliqué, "les intérêts des lobbies et des multinationales ont été ancrés dans les traités de la façon que les multinationales peuvent faire ce qu’elles veulent et se permettre de délocaliser et de causer du dumping social sur le dos des petites et moyennes entreprises." A cause de cette politique, le Luxembourg est, selon Gast Gibéryen, le pays qui serait le plus sous pression parce qu’aucun pays "n’a autant à perdre que nous".

En abordant les politiques sociales européennes qui ont parfois un arrière-goût désagréable, comme c’était le cas pour la directive Bolkestein, Gast Gibéryen a revendiqué l’introduction de revenus minima dans l’Union européenne, qui devraient différer dans un premier temps selon les Etats membres parce qu’ils doivent tenir compte des données économiques de chaque pays. "Le changement d’attitude du CSV dans ce domaine est étonnant. Maintenant, il veut introduire des normes sociales minima, alors qu’il a soutenu pendant des décennies les politiques européennes qui n’étaient pas du tout sociales", a-t-il déclaré en ajoutant qu’"il faut donc être prudent et sceptique par rapport à ce changement d’attitude". De toute façon, le CSV aurait repris cette idée de l’ADR, et "l’original est toujours meilleur que la copie".

Le gouvernement luxembourgeois n’a pas adopté la bonne stratégie dans la question du secret bancaire

Jacques-Yves Henckes a présenté le volet économique du programme électoral européen de l’ADR. Il s’est montréJacques-Yves Henckes opposé à un "directoire des Grands" dans l’Union européenne, qui permet aux grands pays de se comporter à leur guise. Dans le cadre de la crise financière et économique, il a déclaré que "les marchés financiers doivent être régulés et la politique économique européenne doit être coordonnée davantage". Dans ce contexte, il a également souligné l’importance de l’euro et de l’indépendance de la Banque Centrale du Luxembourg pour un développement durable du marché intérieur. Des mesures protectionnistes, par contre auraient des répercussions néfastes, notamment pour le Luxembourg, un pays qui exporte presque la totalité de sa production.

Tandis que l’ADR veut soutenir la Stratégie de Lisbonne pour renforcer la compétitivité de l’économie européenne, le parti est contre l’introduction de tout impôt européen. Concernant le secret bancaire, Jacques-Yves Henckes a critiqué l’attitude du gouvernement luxembourgeois et l’absence de ses protestations contre les propos de Franz Müntefering, et il a ajouté : "Si le secret bancaire existe toujours sur papier, il a été vidé de sens et cela aura des répercussions négatives pour le Luxembourg." Pour renforcer l’économie de l’Union européenne, l’ADR accorde la priorité aux réseaux européens d’énergie et de transport, ainsi qu’au système de positionnement par satellites européen, Galileo.

"Nous voulons qu’on parle avec nous en Europe et qu’on ne parle pas de nous"

En abordant le rôle du Luxembourg dans l’Union européenne, Fernand Kartheiser a souligné que chaque Etat membre doit avoir un commissaire dans la Commission européenne pour permettre à tous les pays, et notamment aux plus petits pays, d’avoir leur mot à dire dans une Europe qui gagne de plus en plus d’influence. Parallèlement, il a rejeté le système de vote à majorité au sein du Conseil en exigeant que chaque pays doit avoir un droit de véto. "Nous préconisons la méthode intergouvernementale", a-t-il expliqué, "et nous voulons qu’on parle avec nous en Europe, et qu’on ne parle pas de nous, comme c’est actuellement le cas". L’Union européenne ne doit pas, selon l’ADR, se mêler dans tous les domaines, comme par exemple celui de la politique familiale, qui doit relever de la compétence nationale.

Fernand Kartheiser a également souligné que le "directoire des Grands" doit être ouvertement critiqué, mais que cela ne fonctionne que "si on peut prendre au sérieux nos représentants politiques et que si ceux-ci ne mettent pas leurs ambitions politiques européennes au-dessus des intérêts du pays". Dans ce contexte, il a rappelé que certains des eurodéputés luxembourgeois n’ont presque jamais pris la parole au Parlement européen pendant les cinq années de leur mandat, et que l’ADR veut faire un travail sérieux parce qu’il n’est "pas sans importance qui siège au Parlement européen".

Une "autre" politique agricole européenne

Robert MehlenRobert Mehlen a plaidé pour une "autre politique agricole européenne", qui permet de fournir des aliments de meilleure qualité à des prix équitables aux citoyens de l’Union européenne en tenant compte de la demande et en produisant de la façon écologique. Dans ce même ordre d’idées, l’ADR veut promouvoir les énergies renouvelables, la biodiversité et l’entretien du paysage, tout en suivant le principe de durabilité.

"Nous ne sommes pas des populistes"

Roy Reding a rejeté l’amalgame qui est souvent fait entre ADR et populisme. "Nous analysons la situation et nous proposons des solutions, qui ne sont certes pas toujours les plus faciles, mais qui n’ont rien avoir avec une attitude populiste", a-t-il expliqué. Il a ensuite insisté sur le renforcement du rôle de la langue luxembourgeoise dans l’Union européenne par l’accord du statut de "langue officielle européenne". Il a également expliqué que l’ADR ne veut pas d’Etat unique européen mais que l’identité luxembourgeoise doit être préservée dans une "Europe des nations". En parallèle, il a souligné que l’aspect national ne doit pas être négligé dans les questions d’énergie, d’environnement, de la crise économique, cela notamment par l’application du principe de subsidiarité, faute de quoi "l’Union européenne ne devient jamais vraiment démocratique". Et de conclure : "J’espère que l'on va entendre notre son de cloche au Parlement européen après le 7 juin."