Principaux portails publics  |     | 

Environnement
Gréng Stëftung et Green European Foundation entendent donner du grain à moudre et nourrir les débats politiques au Luxembourg comme en Europe
21-10-2009


Le 21 octobre 2009, Robert Garcia et Sam Tanson, respectivement président et vice-présidente de la Gréng Stëftung, ont présenté, à l’occasion d’une conférence de presse, cette fondation qui a été créée récemment et qui est membre de la Green European Foundation (GEF). C’est donc accompagnés de Pierre Jonckheer, président de la GEF dont le siège sera désormais établi au Luxembourg, qu’ils ont expliqué que la Gréng Stëftong entendait devenir un laboratoire d’idées et un lieu de débat indépendant tant financièrement qu’intellectuellement.

La Green European Foundation

Green European FoundationPierre Jonckheer, qui a siégé au parlement belge pendant 8 ans avant de rejoindre, 10 années durant, les bancs du Parlement européen où il a été, aux côtés de Claude Turmes, vice-président du groupe des Verts et qui préside désormais la Green European Foundation, a présenté cette a.s.b.l.

Cette fondation européenne existe et fonctionne sur la base d’un règlement européen qui permet le financement, sur une ligne budgétaire spécifique du budget du Parlement européen, de fondations politiques européennes. La condition, c’est qu’il existe un parti politique européen ainsi qu’un groupe parlementaire au Parlement européen en soutenant l’existence. L’objectif, c’est d’encourager la création d’un espace public européen. Le financement est ensuite proportionnel au nombre d’eurodéputés élus au sein du groupe parlementaire en question.

Ainsi, parmi les 9 fondations européennes reconnues actuellement, les Verts ont-ils fondé tout récemment la GEF qui a lancé ses premières activités fin 2008. Dotée d’un budget de 800 000 euros, dont les deux tiers constituent son budget opérationnel, cette fondation a pour activités la publication, le "capacity building", c’est-à-dire la formation, et enfin le travail de mise en réseau des différentes initiatives développées en Europe. Le principe de la transnationalité présidant naturellement à chacune des initiatives financées et mises en œuvre.

Pour le moment, la GEF a décidé de se concentrer sur les pays de l’UE où les Verts ont du mal à émerger, et c’est le cas notamment dans certains pays de l’Est mais aussi du Sud de l’Europe. Car si les eurodéputés verts représentent 7,5 % des membres du Parlement européen, c’est loin d’être le cas dans de nombreux pays. La fondation se fixe aussi des thèmes de travail comme l’idée de Green New Deal portée pendant la campagne aux élections européennes, ou encore, pour les mois à venir, un travail d’évaluation de la présence des Verts au sein de gouvernements, et ce à tous les niveaux, y compris municipaux et régionaux. L’idée est de montrer comment la contribution des Verts peut inciter à aller plus avant dans les processus de transformation écologique et économique.

Les défis auxquels la GEF entend faire face, c’est de contribuer au débat, notamment dans les pays où les Verts peinent à se faire entendre, mais aussi d’œuvrer à une européanisation du mouvement en décloisonnant les activités des partis nationaux et en favorisant les échanges de bonne pratique. Enfin, la GEF veut montrer que "parler vert" n’est pas nécessairement synonyme "d’agir vert" et elle va ainsi par exemple mener une analyse critique des plans de relance nationaux.

Pour Pierre Jonckheer, le désintérêt des citoyens pour la scène politique européenne peut s’expliquer en partie par le manque de confrontation d’idées et de projets politiques, l’image de "consensus mou" que dégagent les débats au sein d’un Parlement européen qui apparaît comme un "lieu feutré". Il espère donc que la GEF pourra contribuer, même modestement, à renouer avec le débat européen en donnant du grain à moudre et en offrant une plateforme d’échanges aux politiques mais aussi, entre autres, aux syndicats, aux chefs d’entreprises ou aux scientifiques.

Et c’est dans cette même logique, qui s’inscrit plutôt dans la tradition allemande de fondation proche de groupes politiques, qu’est arrivée à terme l’idée de créer une fondation luxembourgeoise.

La Gréng Stëftung

Sam Tanson a donc expliqué le volet luxembourgeois de l’initiative. La Gréng Stëftung travaillera sur des sujets qui Gréng Stëftungne sont pas directement d’actualité ou qui seront traités avec une certaine distance vis-à-vis du bruit de la vie politique de tous les jours. Il y aura des publications, des formations des événements qui viseront aussi un public plus large, comme la conférence-débat du 22 octobre.

Quatre grands axes détermineront dans un premier temps les activités de la nouvelle fondation : la coopération interrégionale et internationale avec des fondations similaires et avec la GEF, la controverse politique, toute en autonomie vis-à-vis du parti Déi Gréng, le travail de fond sur un ou deux sujets et la création de capital humain à travers un "think tank" qui servira à développer et faire avancer les idées des Verts.

Robert Garcia, qui a été de longues années durant un député des Verts, a déclaré qu’il fallait secouer les Verts qui commençaient à prendre leurs habitudes après 25 ans de présence sur la scène parlementaire. Même si la plupart des personnes qui siègent au Conseil d’administration de la nouvelle fondation sont des parlementaires verts, des personnes employées par le groupe parlementaire, des membres du parti ou des sympathisants, elle arrivera à s’ouvrir et à tenir ses promesses d’indépendance et de travail distancié.

La fondation aura d’abord un statut de simple a.s.b.l. "Elle n’aura pas de capital, mais elle ne refusera pas les dons", a-t-il ajouté, non sans malice. Parmi les sujets que la fondation entend rapidement aborder, la question de savoir si "la place financière peut évoluer vers une destinée éthique où l’argent est utilisé à des fins de développement économie durable, au Sud comme au Nord". La cotisation des membres de la fondation ne pourra en tout cas pas dépasser les 250 euros, et la transparence des comptes sera assurée.