Alors que l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale bat son plein, le Ministère de la Famille et de l’Intégration qui coordonne cet événement européen au Luxembourg a tenu à présenter le 27 octobre les avancées réalisées dans le cadre d’un des projets bénéficiant d’un cofinancement au titre de cette Année 2010.
Claude Haas et Charel Schmit, tous deux chercheurs au sein du laboratoire INSIDE de l’Université de Luxembourg, sont donc venus présenter le projet INPRO-APPEX qu’ils coordonnent. Le mot d’ordre du projet est d’apprendre de l’expérience en matière d’insertion professionnelle des jeunes et des personnes âgées de 45 ans et plus. Ce projet de recherche-formation entend ainsi, en se basant sur un partenariat très large, identifier les bonnes pratiques en matière d’insertion professionnelle mais aussi favoriser le réseautage entre les différents acteurs.
Une première étape du projet, qui court sur l’ensemble de l’année 2010, a consisté à répertorier les acteurs, que ce soient des associations, des communes, l’Etat ou encore des entreprises.
Cette phase de répertoriage a permis de faire un premier constat, à savoir que trois phases concordant à trois types de structures se distinguent sur le terrain. Ainsi, les structures les plus classiques, qui sont aussi les plus anciennes, ont été créées à un moment où le chômage était relativement réduit et où la pauvreté restait plus marginale qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’objectif de ces structures est resté de ce fait une simple mise au travail. Dans les années 90, ont émergé de nouveaux acteurs comme le forum pour l’emploi ou l’OPE qui ont développé de nouvelles activités élargissant leurs services à de l’accompagnement social ou encore de la formation. Enfin, les chercheurs ont noté depuis 2000 l’apparition de nouveaux acteurs plus petits et répondant à la logique qu’il faut être "fit for work" ; ils proposent ainsi des services plus axés sur le bilan de compétences, l’aide à la rédaction de CV ou encore la préparation à un entretien d’embauche.
Ce premier état des lieux a ensuite servi de base à la réalisation de deux enquêtes, l’une qualitative et l’autre quantitative.
L’objectif de ces deux enquêtes était d’analyser les discours et les représentations de bonne pratique des principaux acteurs concernés par l’insertion professionnelle ainsi que de procéder à un répertoriage typologique des populations accueillies, des pratiques professionnelles exercées et des atouts et obstacles majeurs rencontrés sur le terrain.
L’enquête quantitative s’est faite par le biais de questionnaires envoyés aux responsables de services du secteur social. L’enquête qualitative s’est elle faite par le biais de six "focus group" rassemblant des responsables de structures, des professionnels de l’insertion travaillant sur le terrain au quotidien, des usagers mais aussi des responsables en ressources humaines. Ses résultats ont notamment été à la base de la sélection des thèmes prioritaires du séminaire qui aura lieu les 17 et 18 novembre 2010.
La dernière phase du projet INPRO-APPEX va consister en l’organisation d’un séminaire national qui se tiendra le 17 et 18 novembre 2010 au Campus Walferdange.
L’objectif est d’offrir une plateforme d’échange et de débat aux différents acteurs concernés par l’insertion professionnelle, que ce soient les professionnels, les responsables de ressources humaines en entreprise ou les usagers des services d’insertion. Mais il s’agira aussi de contribuer à la mutualisation de l’expertise institutionnelle existante en matière d’insertion professionnelle en procédant à des échanges de bonnes pratiques. Enfin, les organisateurs espèrent aussi pouvoir impulser à cette occasion un débat sur le management des connaissances et de la qualité en relation avec l’insertion professionnelle.
Dans un premier temps, les résultats des deux enquêtes réalisées dans le cadre du projet seront présentés aux participants qui pourront ensuite participer à des ateliers qui s’articulent autour de trois grands complexes thématiques. Il sera ainsi question des différentes stratégies d’insertion professionnelle et des modes de coopération et de mise en réseau entre Etat, communes, entreprises et associations. La gestion et l’individualisation des parcours d’insertion feront elles aussi l’objet d’ateliers qui traiteront tant de l’intégration des activités d’insertion que des pratiques de l’évaluation des compétences existant. Enfin, deux ateliers se concentrant plus sur les pratiques au quotidien permettront aux participants d’échanger sur les types d’activités mis en place et les modalités d’insertion, en tenant compte notamment de la place de l’usager dans ce contexte.