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Opinion
Stéphane Hessel de passage à Luxembourg "s’indigne" du manque d’Union politique en Europe et appelle les jeunes générations à se mobiliser
03-10-2011


hesselVéritable phénomène littéraire avec son best-seller "Indignez-vous", l’écrivain et ancien diplomate français Stéphane Hessel, était de passage au Luxembourg le 3 octobre 2011. À son programme figurait notamment une discussion avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker, une rencontre avec les élèves du Lycée technique Michel-Lucius ainsi qu’une visite de l’exposition "Palestine, terre de non-droits de l'Homme" à l’Abbaye de Neumünster.

Stéphane Hessel, en plus d’être un écrivain à succès, a connu une longue carrière de diplomate et de militant politique français. Né à Berlin en 1917, il fut combattant de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été déporté au camp de concentration de Buchenwald. Sa carrière dans la diplomatie l’a ensuite mené à l’ONU, où il a été secrétaire de la Commission qui a élaboré la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Juncker et Hessel regrettent que "l’Union européenne soit molle"

Dans une interview avec le journaliste Sascha Bremer parue dans le Tageblatt du 4 octobre 2011, Stéphane Hessel rapporte que lors de sa rencontre avec Jean-Claude Juncker, tout deux sont tombés d’accord sur le fait que "l'Union européenne soit molle". D’après un article paru dans Point 24, Jean-Claude Juncker serait pour l’écrivain et diplomate français "un Européen comme je (il) les aime".

D’après Stéphane Hessel, ce qui "empêche ce continent (l’Europe) de sortir d'une crise (mondiale) qui affecte gravement son avenir", c’est la non-prise en compte de "la problématique du capitalisme sans régulation qui s'impose aux Européens", déclare-t-il au Tageblatt.

Selon sa formule désormais célèbre, il déclare "Indignons-nous du peu d'unité forte que l'Europe est capable de produire dans la situation actuelle".

La "timidité" européenne face aux conflits du Proche Orient témoigne du manque d’union politique européenne

Pour Stéphane Hessel, "l’Europe est à peu près d'accord pour dire qu'il faudrait un Etat palestinien", mais certains États et plus particulièrement l’Allemagne "n'ont pas envie d'être revendicatifs à l'égard de l'Etat d'Israël". À ces yeux ce manque de cohésion de la part de certains Etats face à la situation au Proche Orient n’est certes pas le plus important, mais réveille certaines inquiétudes quant à la "construction d'une vraie Europe", déclare-t-il dans l’interview donnée à Sascha Bremer. Reste que pour Stéphane Hessel, "l’Union constitue un progrès historique considérable" et "les pères de l'Europe ont fait un travail qu'il ne faut pas sous-estimer". L’unité européenne se retrouve sur "le plan commercial, sur le plan culturel dans bien des domaines", ce qui témoigne du "projet magistral (et) très ambitieux" qu’est "l’unification européenne". Dans une interview accordée à Camille Leroux-Frati du Quotidien paru le 4 octobre 2011, Stéphane Hessel dit encore que les Européens ont "réalisé une union remarquable mais qui n'est pas encore une union économique et financière forte".

Les défis des jeunes générations

Afin de pouvoir trouver une solution aux problèmes et franchir le cap d’une "véritable union politique" la "jeune génération" doit se mobiliser d’après Hessel. Les problèmes rencontrés par les jeunes générations ne sont plus ceux d’une dislocation de l’Europe comme au 20e siècle, mais plutôt une "extrême pauvreté" qui côtoie "l’extrême richesse" ainsi que le terrorisme.

À ces yeux, les jeunes générations "n’ont pas le choix de dire que l’Europe, c’est fini". Elles devront obligatoirement relever les défis liés à la pauvreté et au terrorisme. Pour lui, les problèmes sont différents d’une génération à l’autre, et la nouvelle génération européenne devra faire face à ses problèmes, sinon elle risque de "se faire avoir".