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Emploi et politique sociale - Énergie - Politique régionale
Jean-Claude Juncker et Annegret Kramp-Karrenbauer, tous deux inquiets au sujet de la centrale de Cattenom, ont discuté de politique sociale en Europe lors de la visite de travail de la ministre-présidente sarroise à Luxembourg
08-02-2012


Le 8 février 2012, la ministre-présidente de la Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer, a effectué une visite de travail au Luxembourg, où elle a notamment rencontré le Premier ministre Jean-Claude Juncker. A l’issue de leur discussion, ils ont présenté rapidement à la presse les sujets dont ils ont parlé.Annegret Kramp-Karrenbauer et Jean-Claude Juncker  à Luxembourg le 8 février 2012

Il a été beaucoup question de la politique sociale en Europe, a confié Jean-Claude Juncker. "Annegret Kramp-Karrenbauer m’a rejoint sur l’essentiel" pour ce qui est de l’analyse et du programme, a-t-il rapporté, se félicitant qu’ils soient sur la même ligne sur les questions de salaire minimum. "Le gouvernement sarrois est ouvert à l’introduction d’un salaire minimum qui doit être économiquement raisonnable" a déclaré la ministre-présidente sur ce sujet qui est un enjeu d’importance dans le contexte préélectoral sarrois. Pour Jean-Claude Juncker, l’équilibre qu’il convient de trouver dans le cadre du sauvetage de l’euro est essentiel, la dimension sociale ne devant être négligée.

Le Premier ministre luxembourgeois et son homologue sarroise partagent par ailleurs la même inquiétude au sujet de la centrale de Cattenom et de l’anomalie détectée récemment sur deux tuyauteries de traitement de l'eau des piscines des unités 2 et 3. Cette non-conformité identifiée en décembre dernier a été classée au niveau 2 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en ce début de mois de février 2012.

S’il ne s’agit pas de semer la panique, comme l’a expliqué Jean-Claude Juncker, les gouvernements sarrois et luxembourgeois entendent tous deux obtenir de Paris les explications nécessaires afin de clarifier la situation. L’enjeu est de savoir si le problème identifié relève d’un défaut temporaire ou d’un vice de construction.

"L’arrêt de la centrale de Cattenom serait la meilleure solution", a rappelé Annegret Kramp-Karrenbauer qui est toutefois consciente des choix de la France en matière de politique énergétique et plaide donc au moins pour une amélioration de la sécurité de ce site nucléaire. Des exercices transfrontaliers et une meilleure information pourraient être précieux dans ce dossier prioritaire pour le gouvernement sarrois.

Pour ce qui est des relations bilatérales et de la Grande Région, Jean-Claude Juncker a souligné la très bonne coopération qui existe dans le cadre du lycée Schengen de Perl, un projet exemplaire selon lui tant pour la Grande Région que pour l’UE. Annegret Kramp-Karrenbauer s’est félicitée de la mise en place de la "task-force frontaliers" qui va permettre de résoudre nombre de problèmes concrets que rencontrent au quotidien les travailleurs frontaliers de la Grande-Région.

Interrogé sur les négociations qui sont en cours à Athènes, Jean-Claude Juncker, qui est aussi président de l’Eurogroupe, a fait état d’éléments de réponse "qui arrivent peu à peu", évoquant "des avancées notamment en ce qui concerne l’implication du secteur privé". Concernant le deuxième plan d’aide à la Grèce, "les discussions sont en cours", a-t-il déclaré, exprimant son espoir d’obtenir d’ici à jeudi matin "une image définitive de la situation". "Ce soir au plus tard je déciderai si un Eurogroupe se tiendra demain soir ou non", a-t-il répondu à la presse, expliquant que la décision dépendrait de l’avancée des négociations.