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Economie, finances et monnaie
La Commission européenne demande que soient prises de mesures immédiates en faveur d’une "renaissance industrielle européenne"
22-01-2014


haut-fourneau-belval-sip-weberLa Commission européenne invite instamment les États membres à reconnaître l’importance capitale de l’industrie pour la création d’emplois et de croissance et à intégrer les questions de compétitivité industrielle dans l’ensemble des domaines d’action politique.

C’est là le principal message de la communication intitulée "Pour une renaissance industrielle européenne" qui a été adoptée le 22 janvier 2013.

La Commission invite le Conseil et le Parlement européen à adopter des propositions sur l’énergie, les transports, l’espace et les réseaux de communication, d’une part, et à appliquer et faire appliquer la législation nécessaire à la finalisation du marché intérieur, d’autre part. En outre, la Commission estime qu’il faudrait poursuivre la modernisation industrielle en investissant dans l’innovation, l’efficacité des ressources, les nouvelles technologies, les compétences et l’accès au financement, autant de domaines où le recours à des fonds européens spécifiques pourra servir de catalyseur.

La communication encourage l’avènement d’une Europe plus ouverte aux entreprises grâce à des mesures destinées à simplifier le cadre législatif et à améliorer l’efficacité de l’administration publique au niveau européen, national et régional.

Au nombre des autres questions essentielles figure l’accès aux marchés des pays tiers par l’harmonisation des normes internationales, l’ouverture des marchés publics, la protection des brevets et la diplomatie économique.

Pour Antonio Tajani, le vice-président de la Commission européenne et commissaire aux entreprises et à l’industrie, "l’Europe est encore loin d’avoir atteint son objectif, qui consiste à faire en sorte que la part de l’industrie dans le PIB de l’Union passe à 20 % d’ici 2020." C’est pourquoi pour lui « la compétitivité industrielle doit être LA priorité politique du Conseil européen de mars 2014."

Les grandes lignes de la communication de la Commission

L’Union émerge de sa plus longue période de récession, et cette crise a mis en évidence l’importance d’une industrie solide pour résister aux pressions économiques.

Loin de se cantonner aux activités manufacturières, l’industrie est en interaction avec le tissu économique européen, que ce soit pour les matières premières et l’énergie, les services aux entreprises (comme la logistique), les services aux consommateurs (comme les services après-vente pour les biens d’équipement) ou le tourisme.

L’industrie représente en Europe, plus de 80 % des exportations, ainsi que de la recherche et de l’innovation privées, ce qui montre qu’elle revêt une importance dépassant largement sa part dans le PIB. Elle regroupe près du quart des emplois du secteur privé – des emplois souvent très qualifiés – et chaque emploi créé dans l’industrie manufacturière entraîne la création de 0,5 à 2 emplois dans d’autres secteurs. La contribution du secteur manufacturier au PIB de l’Union a toutefois continué de reculer, pour s’établir, à l’été 2013, à 15,1 %, soit un niveau nettement inférieur à l’objectif des 20 % en 2020 que la Commission avait fixé en 2012.

La Commission introduit ici un nouvel élément de langage. Elle écrit: "L’ampleur des défis à relever pour assurer l’avenir de l’Europe demande que les plus hautes sphères politiques – autrement dit, le Conseil européen – se penchent sur la question et définissent des orientations stratégiques." Pour elle, "il s’agit là d’une étape essentielle en vue d’assurer la cohérence et l’établissement de priorités pour l’ensemble des instruments à la disposition de l’Union." La Commission invite les États membres à reconnaître l’importance capitale que revêt l’industrie dans toute stratégie destinée à améliorer la compétitivité, à assurer une croissance durable en Europe et à prendre en compte plus systématiquement les questions de compétitivité dans tous les domaines d’action.

La Commission est d’avis que les priorités suivantes doivent être ciblées pour soutenir la compétitivité de l’industrie européenne:

  • intégrer encore plus la question de la compétitivité de l’industrie dans l’ensemble des domaines d’action, compte tenu de l’importance de la contribution de ce secteur à la performance économique globale de l’Union;
  • optimiser le potentiel du marché intérieur en développant les infrastructures nécessaires, en proposant un cadre réglementaire stable, simplifié et prévisible qui soit favorable à l’esprit d’entreprise et à l’innovation, en intégrant les marchés des capitaux, en améliorant les possibilités de formation et de mobilité pour les citoyens et en parachevant le marché intérieur des services en tant que facteur majeur de la compétitivité industrielle;
  • prendre des mesures sur le marché intérieur et au niveau international pour s’assurer un accès aux sources d’énergie et aux matières premières à des prix abordables qui reflètent les conditions de coût sur le marché mondial;
  • déployer et mettre en œuvre des instruments financiers européens faisant intervenir le programme COSME, le projet Horizon 2020, les fonds structurels (fonds régionaux d’au moins 100 milliards d’euros) et des financements nationaux, en vue de poursuivre sur la voie de l’innovation, de l’investissement et de la réindustrialisation;
  • rétablir des conditions de prêt normales pour l’économie réelle. À cet égard, la Banque européenne d’investissement devrait jouer un rôle plus stratégique en insistant davantage sur les prêts à l’innovation et aux projets industriels. L’UE doit traiter les goulets d’étranglement restants qui ont été créés par la fragmentation des marchés financiers et créer des conditions propices à l’établissement d’autres sources de financement;
  • faciliter l’intégration progressive des entreprises de l’Union, en particulier les PME, dans les chaînes de valorisation mondiales pour améliorer leur compétitivité et leur ménager un accès aux marchés mondiaux à des conditions concurrentielles plus favorables;
  • renforcer la compétitivité industrielle, car elle est vitale pour relancer la croissance et la création d’emplois, l’objectif étant de faire passer la part des activités manufacturières jusqu’à 20 % du PIB d’ici à 2020.