Principaux portails publics  |     | 

Commerce extérieur
TTIP - Les évêques catholiques de l’UE estiment que "le TTIP oblige les Européens à se positionner plus clairement sur la scène mondiale", et décident de produire une prise de position sur le traité en cours de négociation
13-11-2014


comece-logoLa COMECE ou Commission des Episcopats de la Communauté européenne, qui est composée d'Evêques délégués par les 27 conférences épiscopales des Etats membres de l'Union européenne, dont celle de l’archidiocèse du Luxembourg, a tenu son Assemblée plénière d'automne les 12 et 13 novembre 2014 à Bruxelles.

Un des points à l’ordre du jour était le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement ou TTIP qui est en cours de négociation entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

Les évêques catholiques soulignent dans un communiqué que le TTIP soulève "un certain nombre d'inquiétudes et de controverses". Eux-mêmes ont de ce chef "souhaité s'informer de manière approfondie sur les enjeux économiques et éthiques de ce Traité" lors de leur Assemblée plénière d'automne à Bruxelles.

L’on apprend du communiqué que c’est le négociateur en chef de l’Union européenne pour le TTIP en personne, Garcia Bercero, qui est venu informer les évêques "de manière approfondie (…) sur le contenu précis des négociations, et notamment les éléments qui en étaient exclus (par ex. les OGM, les appellations d'origine), ainsi que sur les prochaines étapes de la négociation".

L'économiste Pierre Defraigne, directeur exécutif de la fondation Madariaga, une fondation présidée par l’ancien Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Javier Solana, qui s’est donnée pour mission “de promouvoir une pensée originale sur le rôle de l’UE à une époque de changements globaux" et qui mise "sur un débat créatif entre les citoyens et des partenaires internationaux sur des sujets qui déterminent le futur de l’Europe" a détaillé ses réserves sur le Traité.  Pierre Defraigne a "notamment mis en doute qu'il puisse promouvoir la croissance économique et l’emploi dans les pays de l'UE".

Le professeur Patrick O'Sullivan, professeur d'éthique des affaires, a, selon le communiqué,  "mis en garde contre les indicateurs économiques actuels, qui ne reflètent pas le développement humain réel."

Les opportunités économiques que représenterait un tel traité pour les deux côtés de l’Atlantique ont été rappelées par Brian Mc Feeters, conseiller économique à l’ambassade de Etats-Unis auprès de l’UE.

Enfin, un éclairage d'Afrique a été apporté par le Père Joseph Komakoma, secrétaire général de la SECAM, qui a présenté les préoccupations des évêques d'Afrique sur ce projet de Traité.

Suite à ces présentations, "les évêques de la COMECE ont estimé que, au-delà des questions strictement commerciales qu’il soulève, le TTIP interrogeait notre identité européenne et la façon dont cette identité pouvait s’affirmer et se profiler dans le monde. Au fond, le TTIP exerce un effet miroir sur l'Union européenne et oblige les Européens à définir plus clairement leur positionnement sur la scène mondiale et à adopter une stratégie commerciale et monétaire soutenable dans la perspective de prochaines décennies qui s'annoncent à croissance faible ou nulle."

Et ils ajoutent: "Avant tout, l'Eglise se doit de faire entendre la voix des plus faibles et des plus démunis, en Europe et dans le monde, dans la mesure où ils seront impactés par ce Traité de libre-échange. C'est pourquoi les évêques de la COMECE ont décidé de produire une prise de position sur le TTIP. Ce document soulignera les opportunités et formulera des questions critiques en suspens concernant ce projet de Traité. Ce document sera rendu public et transmis notamment aux députés européens, qui seront amenés à valider ou non le Traité en dernier ressort."