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L'Europe du charbon et de l'acier (1951)


Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, prononce dans le Salon de l’Horloge du Quai d’Orsay une déclaration considérée aujourd’hui comme l’acte fondateur de l’intégration européenne. Il propose notamment la mise en commun des industries houillère et sidérurgique française et allemande.Déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman au salon de l’Horloge du Quai d’Orsay

Les deux activités, qui sont aussi à la base des usines d’armement, seraient désormais contrôlées par une organisation supranationale garante de l’intérêt commun, ouverte à tous les pays européens désireux d’adhérer au projet, et respectueuse de l’égalité entre les États membres.

Sur invitation française, une Conférence intergouvernementale s’ouvre le 20 juin 1951 pour rédiger un traité qui mette en application les objectifs de la déclaration Schuman. L’Allemagne, la France, l’Italie et les pays du Benelux participent aux travaux qui débouchent sur la signature à Paris, le 18 avril 1951, du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Première réalisation concrète de l’Europe communautaire, la CECA voit le jour une année plus tard, le 23 juillet 1952, pour une durée de cinquante ans.

Compte tenu de sa situation géographique et économique particulière, petit État entre deux grands voisins et puissance sidérurgique, le Grand-Duché s’associe à l’initiative dès son lancement. La réconciliation franco-allemande figure en effet parmi les intérêts vitaux de la politique étrangère luxembourgeoise.Le 30 avril 1953, Jean Monnet, le président de la Haute Autorité de la CECA, active la première coulée d’acier européen à l’usine de Belval au Grand-Duché de Luxembourg

De plus, la métallurgie représente un secteur-clé de l’économie nationale dont la survie dépend de sa capacité d’exporter une production annuelle de 2,5 millions de tonnes d’acier et de fer qu’un marché local bien trop étroit ne peut absorber seul.

Ainsi, malgré certaines craintes des maîtres de forges du pays, le Luxembourg figure parmi les six États fondateurs de la CECA. Le Grand-Duché participe aux institutions de la nouvelle Communauté qui commencent provisoirement leurs travaux à Luxembourg.