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Economie, finances et monnaie - Traités et Affaires institutionnelles
A la veille du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et José Manuel Barroso sont d’accord pour défendre la méthode communautaire et la cohésion européenne
Un plan de sauvetage de l’Espagne ne fait pas partie des "hypothèses de travail" de l’UE
14-06-2010


José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker (c) SIPJean-Claude Juncker et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, se sont rencontrés le 14 juin 2010 à Luxembourg pour préparer le Conseil européen du jeudi 17 juin. Lors de leur réunion, qui a duré plus longtemps que prévu, "tous les problèmes européens ont été tablés", a déclaré Jean-Claude Juncker, qui a fait un rapport sur les travaux de l’Eurogroupe. Pour Juncker, toutes les décisions qui ont été prises pour juguler la crise vont dans la bonne direction grâce à la Commission européenne.

Les points à l’ordre du jour du Conseil européen – le changement climatique, la stratégie Europe 2020, le gouvernement économique de la zone euro – ont été abordés sous l’angle du respect des principes de la méthode communautaire. Jean-Claude Juncker s’est exprimé contre les glissements vers la méthode intergouvernementale qu’il craint dans l’UE, faisant allusion à l’idée de réunir de plus en plus fréquemment les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro. Juncker est d’accord pour que de telles réunions aient lieu si cela est vraiment nécessaire, mais il pense également que dans la règle, il suffit que les ministres des Finances, qui se voient au moins une fois par mois, soient les premiers compétents. Il a assuré la Commission du soutien du Luxembourg pour que la cohésion européenne continue à être garantie grâce au recours à la méthode communautaire.

José Manuel Barroso a lui aussi fait état des échanges d’idées et d’analyses autour des thèmes du Conseil européen du jeudi 17 juin. Il a remercié le gouvernement luxembourgeois pour "le soutien sans faille" qu’il a reçu en faveur de la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 qu’il espère voir ratifiée par les chefs d’Etat et de gouvernement dès le prochain Conseil européen. Cette stratégie, qui prône des voies à prendre pour que l’Europe arrive à une croissance intelligente, durable et inclusive, ne pourra fonctionner que si des réformes structurelles sont mises en œuvre dans les Etats membres, y compris dans les politiques budgétaires.

L’Europe, qui fonctionne sur la base d’une économie sociale de marché, est selon Barroso préoccupée par les relations entre croissance et emploi. Pour que la croissance crée des emplois, il faut plus de gouvernance économique et plus d’Europe. Soit l’on reculera, et alors le danger de désintégration du projet européen est réel, soit on avancera en faisant plus ensemble. Le président de la Commission européenne a l’impression que le consensus va dans la bonne direction. Preuve en est l’attribution de compétences accrues à Eurostat, ce qui aurait été impensable il y a encore quelques mois.

Répondant à une question sur l’imminence d’un plan de sauvetage de l’Espagne, Jean-Claude Juncker a répondu que "cela n’est pas une hypothèse de travail", et José Manuel Barroso a déclaré qu’il n’y avait "pas de plan spécial pour l’Espagne élaboré par la Commission".