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Economie, finances et monnaie
Etienne Schneider pense que l’Europe doit faire face à la concurrence des pays émergents et créer un système de labellisation basé sur des critères environnementaux et sociaux minimaux pour la fabrication de tous les produits vendus sur son marché
13-03-2012


fedilLe nouveau ministre de l'Economie et du Commerce extérieur, Etienne Schneider, a donné une interview publiée dans l’édition du 13 mars 2012 des "Echos des entreprises", l’organe de la Fédération des industriels luxembourgeois (FEDIL). Au centre de son entretien avec Jo Clees, la problématique de la désindustrialisation du Luxembourg, la nécessité d’une nouvelle politique industrielle telle qu’elle est entre autres prônée par la FEDIL et la sécurité énergétique du Luxembourg.

Partant du constat qu’entre 1995 et 2010, la part de l'industrie dans le PIB du Luxembourg a chuté de plus de la moitié en passant de 15,3 % à 7,1 %, Etienne Schneider se refuse à parler "de désindustrialisation proprement dite, jusqu'en 2009 du moins". Pour lui, "c'est plutôt le poids des services et notamment du secteur financier au sein de l'économie luxembourgeoise qui a augmenté alors que celui de l'industrie a stagné". Et d’expliquer : "La part de l'industrie dans le PIB a de ce fait diminué sans que l'activité et la valeur ajoutée n'aient décru." Les délocalisations qu’il y a pu y avoir sont pour lui des éléments "d'un phénomène qui ne se cantonne pas seulement au Luxembourg", mais qui est dû à "une concurrence saine entre les entreprises en Europe".

C’est pourquoi Etienne Schneider est d’avis que "l'Europe doit faire valoir ses atouts afin de faire face à la concurrence des pays émergents." Dans la mire du ministre, le fait que "l'Europe impose une réglementation relativement stricte dans le domaine de la protection de l'environnement", même si cela est "dans l'absolu très positif". Mais pour Etienne Schneider, "cette réglementation est à l'origine d'un déséquilibre entre l'Europe et celle des pays émergents en matière de compétitivité". Pour que l’industrie européenne reste compétitive, Etienne Schneider plaide "pour l'introduction d'un 'level playing field' dans le domaine de l'industrie". Il prône au niveau de l'Union européenne "l'introduction d'un système de labellisation basé sur des critères minimaux dans le domaine de la protection de l'environnement et des conditions de travail à respecter pour la fabrication de tous les produits vendus sur son marché". Pour lui, un tel système "permettrait à l'industrie européenne de redevenir à nouveau plus concurrentielle face aux producteurs des pays émergents".

Etienne Schneider est par ailleurs favorable à l’idée lancée en octobre 2011 par la la FEDIL  de créer un "Haut comité public-privé pour le développement de l'industrie". Il pense qu’un tel comité "permettrait une meilleure coordination et une collaboration renforcée entre les entreprises et les autorités publiques pour ainsi améliorer le tissu économique et industriel luxembourgeois". Il pourrait arriver à proposer "un plan de remèdes aux blocages de nature souvent institutionnels et identifier les défis et opportunités sur les plans national et international".

Une des préoccupations majeures de l'industrie concerne la sécurité d'approvisionnement énergétique du Luxembourg. Etienne Schneider explique que si en Europe, "les barrières entravant la circulation des citoyens et des marchandises sont presque inexistantes", "ce n'est que pour l'énergie que la circulation à travers l'Union européenne reste souvent limitée dans les faits". Pour lui, c’est "inadmissible".

Pour renforcer la sécurité d'approvisionnement en électricité, Etienne Schneider veut "réaliser la connexion au réseau français". Il insiste sur le fait que "ce n'est pas uniquement pour les usines d'ArcelorMittal que cette connexion est très importante mais aussi pour la sécurité d'approvisionnement en électricité de l'industrie luxembourgeoise en général". Par ailleurs, la liaison au réseau belge, jugée "plus assez performante", devrait être doublée. Pour assurer l’approvisionnement en pétrole, devenu plus aléatoire, Etienne Schneider veut créer l'Agence nationale de stockage, "destinée à mettre en place et à exploiter de nouveaux réservoirs de dépôts au Luxembourg".