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Elections européennes
Les libéraux européens ont choisi la paire Guy Verhofstadt – Olli Rehn pour mener leurs listes aux élections européennes
01-02-2014


Guy Verhofstadt en plénière le 13 décembre 2011 © European Union 2011 PE-EPLes libéraux européens des 39 partis réunis dans l’"Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe" (ADLE) ont désigné leurs candidats têtes de liste, lors d’un congrès qui s’est tenu à Bruxelles le 1er février 2014. Par l’adoption d’une motion de résolution avec 79,3 % de voix en sa faveur, 14.2 % contre et 6,5 % d’abstentions, les cadres du parti ont désigné un tandem composé du chef de fraction au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, et de l’actuel commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires, le Finlandais Olli Rehn.

Les deux candidats sont chargés de faire campagne sur un pied d’égalité, selon l’accord présenté, le 20 janvier 2014, par le président de l’ADLE, Graham Watson. Cet accord prévoit que la candidature au poste de président de la Commission européenne, en cas de victoire aux élections européennes, reviendrait à Guy Verhofstadt, tandis qu’Olli Rehn serait le candidat libéral à d’autres hautes fonctions européennes, en particulier dans les domaines de l’économie, et notamment dans l’éventualité de la création d’un poste de président permanent de l’Eurogroupe, ou de politique étrangère.

Cet accord avait été rendu nécessaire par les fortes divisions qu’avaient fait naître la candidature d’Olli Rehn, candidat incarnant pour certains membres de l’ADLE, par ses fonctions de commissaire, les peu populaires politiques d’austérité menées dans les pays de la zone euro en difficulté financière. Le parti centriste français, le Modem, membre du Parti démocratique européen (PDE), fournissant 10 des 84 eurodéputés libéraux, avait notamment menacé de ne plus siéger au sein de l’ADLE, au cas où Olli Rehn était désigné comme tête de liste. Il défendait la candidature, fédéraliste et marquée plus à gauche, de Guy Verhofstadt.

A l’issue de la désignation des deux têtes de liste, le président de l’ADLE Graham Watson s’est félicité que les libéraux se soient désignés deux candidats "extrêmement qualifiés et expérimentés", à une époque où "les partis libéraux sont plus que jamais nécessaires, pour empêcher les forces populistes, à droite et à gauche, de cultiver la peur". "Nous travaillons pour une Europe qui inspire la confiance, et non la peur, qui promeut la prospérité et l’unité, non la division", a-t-il déclaré, selon les termes rapportés par le communiqué de presse de l’ADLE.

L’union était donc aussi le maître-mot de cette désignation, comme l’ont déclaré conjointement les deux candidats, dans le même communiqué de presse : "Les libéraux sont forts lorsqu'ils sont unis. Lors de ces élections, nous avons l’opportunité de rendre l’Europe plus forte. Ensemble avec nos 39 parties membres dans l’UE, nous allons mener farouchement campagne pour réformer l’Europe là où c’est nécessaire et passer à l’action pour créer emplois et prospérité."

L’eurodéputé libéral luxembourgeois Charles Goerens a commenté pour Europapforum.lu la désignation de Guy Verhofstadt comme tête de liste des libéraux européens : "Guy Verhofstadt est un animal politique et à coup sûr le meilleur pour ce rôle. C’est un fédéraliste qui montre régulièrement les limites de la dérive intergouvernementale de l’UE. Ses idées ne sont pas forcément majoritaires. Mais on ira en Europe pas à pas dans cette direction. C’est lui qui a lancé le débat sur les eurobonds. Si ses idées l’avaient emporté, on serait actuellement plus loin dans l'UE qu'on ne l'est actuellement." Quant à Olli Rehn, Charles Goerens le considère "comme très compétent, même s’il n’est pas un très bon communicateur". Il confirme qu'Olli Rehn "incarne pour l'opinion politique , que cela soit juste ou non, la rigueur dans l’exécution budgétaire". "Il fallait trouver quelqu’un pour le sale boulot, et cela lui colle à la peau", ajoute-t-il.

L’ADLE a fourni huit des 28 commissaires européens actuellement en poste. Elle compte dans ses rangs trois Premiers ministres européens, à savoir l'Estonien Andrus Ansip, le Néerlandais Mark Rutte et le Luxembourgeois Xavier Bettel (depuis décembre 2013). L’ADLE a par ailleurs été le premier parti européen à se doter d’un programme pour les élections européennes, lors de son congrès du 30 novembre 2013.

Pour Die Welt am Sonntag, le PPE aurait déjà choisi Jean-Claude Juncker

Les Verts ont désigné leurs candidats, Ska Keller et José Bové, le 29 janvier 2014. Le PSE a désigné Martin Schulz le 6 novembre 2013. Le premier grand débat des candidats à la tête de la Commission européenne doit avoir lieu le 8 mars 2014 à Athènes. Deux jours auparavant, le 6 mars 2014, le Parti populaire européen se sera réuni à Dublin pour élire son candidat tête de liste.

A ce sujet, dans son édition du 2 février 2014, l’hebdomadaire allemand Die Welt am Sonntag, a affirmé avoir obtenu de cercles intéressés à Berlin et Bruxelles que la nomination de l’ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, au poste de candidat tête de liste du PPE, était entendue et qu’aucune autre candidature ne devrait y faire obstacle. Mais du côté du PPE, ces affirmations ont été écartées dès le 3 février, comme l'écrit l'Agence Europe,"au motif que les jeux ne sont pas encore faits. Elle cite un porte-parole du PPE qui a déclaré: "Il n'y a même pas de candidats officiels", seulement des "noms qui circulent dans la presse". Le processus de sélections au sein du PPE ne débutera que le 13 février pour culminer à Dublin lors du congrès des 6 et 7 mars lors du congrès. L'issue de ce congrès reste encore tout à fait ouverte, ont insisté selon l'Agence Europe les porte-parole du PPE.

Le candidat libéral, Guy Verhofstadt, a déjà thématisé l’attitude du PPE pour son procédé de nomination dans cette première élection européenne à l’issue de laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement devront sélectionner le candidat pour la présidence de la Commission européenne "en tenant compte des élections au Parlement européen". Dans une tribune publiée le 26 janvier 2014 sur le site d’information libéral lopinion.fr, il avait fustigé l’attitude du PPE qui semblait ne pas jouer le jeu démocratique dans la désignation de son candidat : "Ce porte-drapeau, comme moi et mes homologues, devra se présenter aux élections européennes. Le PPE n'imagine tout de même pas bâtir une majorité parlementaire autour d'un prétendant non élu?", a-t-il dit semblant viser Jean-Claude Juncker, qui n’a pas prévu de se présenter aux élections européennes.