Principaux portails publics  |     | 

Economie, finances et monnaie
"La reprise en Europe devient enfin palpable", s’est réjoui Etienne Schneider à l’occasion de l’ouverture de la Foire de printemps
09-05-2015


L’ouverture de la Foire de printemps aura été pour le vice-Premier ministre et ministre de l’Economie, Etienne Schneider, l’occasion de faire le point, le 9 mai 2015, sur la situation économique dans l’UE et au Luxembourg.Etienne Schneider a ouvert par son discours la Foire de printemps le 9 mai 2015 (c) MECO

"La reprise en Europe devient enfin palpable"

"La reprise en Europe devient enfin palpable", s’est réjoui dans son discours Etienne Schneider, en faisant référence aux prévisions de printemps publiées par la Commission européenne quelques jours auparavant. "De nombreux indicateurs me permettent une lecture résolument optimiste de la situation économique", a souligné Etienne Schneider avant de lister un déficit public qui s’améliore, un chômage en baisse, un taux d’inflation qui reste faible.

"Pour la première fois depuis 2009 et malheureusement à part la Grèce, tous les Etats membres de l’Union européenne affichent désormais des indicateurs économiques au vert", a constaté le ministre sans perdre de vue toutefois que "cette embellie se base sur des éléments conjoncturels fortuits, comme la baisse impressionnante du cours du pétrole qui a allégé la facture énergétique des entreprises et des ménages". Conscient "de la vitesse avec laquelle les conditions économiques changent", Etienne Schneider n’a pas manqué de saluer "la politique monétaire avisée de la Banque Centrale Européenne" en soulignant que Mario Draghi avait "courageusement recouru à la baisse des taux directeurs ou à des instruments non conventionnels permettant de réamorcer la pompe du crédit aux acteurs économiques".  Le ministre aussi évoqué le taux de change de l’euro qui a donné "un coup de fouet aux exportations européennes".

"Il faudra profiter maintenant de cette reprise afin de remettre pour de bon l’économie européenne sur les rails", a lancé le ministre luxembourgeois qui estime qu’il est nécessaire que "la demande intérieure reparte à la hausse, car elle est aussi importante que la compétitivité extérieure de l’UE". Etienne Schneider a souligné à cet égard qu’un "rôle crucial revient à l’investissement privé" et que "les entreprises doivent à nouveau engager davantage de fonds dans des projets à long terme pour que la reprise s’accélère et se pérennise". Quant aux Etats membres, ils "doivent renforcer leur effort budgétaire en faveur de l’investissement public, quitte à assouplir les règles budgétaires européennes", a plaidé le ministre.

"Il ne faut pourtant pas sous-estimer les risques", souligne Etienne Schneider en déclarant qu’il y "a toujours une menace d’un éclatement de la zone euro"

"Il ne faut pourtant pas sous-estimer les risques qui pèsent toujours sur la conjoncture européenne, en particulier les risques géopolitiques comme le conflit à la frontière entre la Russie et l’Ukraine ou encore le terrorisme au Proche-Orient", a encore déclaré Etienne Schneider. Des risques aussi pris en considération par la Commission européenne dans ses prévisions. Le ministre, conscient que les prix du pétrole et l’inflation devront bien remonter, estime aussi qu’il y "a toujours une menace d’un éclatement de la zone euro". "La question de la sortie de la Grèce de la zone euro est toujours d’actualité", a-t-il affirmé avant de se déclarer "convaincu qu’on trouvera un moyen pour éviter le Grexit". "Il faudra aussi surveiller de près l’évolution politique en Grande-Bretagne après la victoire des conservateurs et leur promesse d’organiser un referendum sur le Brexit", a-t-il ajouté, deux jours après des élections législatives au Royaume-Uni qui ont offert une large victoire aux conservateurs menés par le Premier ministre David Cameron qui avait promis dès 2013 un référendum sur l’appartenance à l’UE en cas de victoire.

"Se plaindre des déficits publics est devenu le mantra des politiciens en Europe", a commenté Etienne Schneider avant de rappeler que "le déficit public américain est deux fois plus élevé que celui de la zone euro", que "la dette publique de la zone euro est largement en-dessous de celle des Etats-Unis" et que la balance courante est excédentaire de 3,7 % du PIB dans la zone euro, alors que les Etats-Unis ont un déficit de la balance courante supérieure à 2 %. "Arrêtons donc de gémir sur notre sort ! Cessons de nous dénigrer nous-mêmes !", a exhorté le ministre en soulignant que "l’Europe regorge de ressources et de talents et dispose d’excellents atouts pour relever les défis du futur". Il a donc appelé à "profiter de la reprise actuelle pour nous relancer définitivement et laisser la crise derrière nous".

Etienne Schneider, qui se félicite de la bonne situation économique du Luxembourg, estime que "la politique de diversification de ces dernières années a fonctionné"

En ce qui concerne la situation économique du Luxembourg, Etienne Schneider a souligné que, depuis qu’il était ministre de l’Economie, elle n’avait jamais été aussi bonne, avec une croissance devrait dépasser les 3 % dans les prochaines années. Pour Etienne Schneider, "ces performances économiques ne viennent pas de nulle part", mais elles "se basent sur la politique économique conduite intensément ces dernières années". Le ministre a notamment mis l’accent sur les efforts qui ont été faits en termes de diversification de l’économie luxembourgeoise et qui expliquent selon lui que le Luxembourg aille "beaucoup mieux que d’autres pays".

Etienne Schneider s’est ainsi félicité du fait que "la fin progressive du secret bancaire et ses conséquences sur la banque privée ont été en grande partie compensées par de nouveaux produits financiers". Par ailleurs, le Luxembourg a beaucoup investi dans des infrastructures pour un Internet rapide, tandis que des secteurs prometteurs ont été soutenus, comme la logistique, qui emploie désormais 13 000 personnes, ou encore les écotechnologies et les biotechnologies. Autant de secteurs qui nécessitent d’investir dans les infrastructures nécessaires. Le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se développe et représente désormais plus de 5 % de l’emploi salarié au Luxembourg et rencontre même des difficultés à trouver le personnel qualifié, a mis en avant le ministre qui y voit une preuve que "la politique de diversification de ces dernières années a fonctionné".  Pour autant, s’il se satisfait des nombreuses répercussions positives de cette diversification multisectorielle sur l’économie luxembourgeoise, Etienne Schneider estime que le moment est maintenant venu d’ajuster cette politique et d’identifier de nouvelles niches de compétences. Il s’agit en effet de savoir "sur quelles branches économiques miser à l’avenir pour protéger notre système social et préserver notre prospérité". Etienne Schneider entend donc doter le Luxembourg d’une stratégie d’avenir révisée afin d’aller vers un "Luxembourg 3.0".

La Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE au second semestre 2015 : "un rendez-vous important pour la politique, pour notre économie, pour tout le pays"

Evoquant  le "défi" que représente la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE au second semestre 2015, Etienne Schneider l’a décrite comme "un rendez-vous important pour la politique, pour notre économie, pour tout le pays".

"Toute l’Europe et une grande partie du monde vont avoir les yeux sur nous pendant les six derniers mois de cette année", a en effet expliqué le ministre qui a réitéré l'appel lancé par le Premier ministre lors de son discours sur l'état de la Nation à "profiter de cette période pour donner une image plus positive du Luxembourg à l’extérieur et pour rappeler les forces et les atouts de notre pays".

L’enjeu est à ses yeux non seulement politique, mais aussi économique : "l’image d’un pays a un impact substantiel sur le succès de son économie et de son commerce", affirme le ministre en insistant sur l’importance du "nation branding". Etienne Schneider a plus précisément évoqué l’impact de la Présidence sur le secteur du commerce et de l’HORESCA, en évaluant à 50 000 le nombre de nuitées supplémentaires que va impliquer la Présidence pour les hôteliers. "Si nous nous y prenons bien, les 25 à 30 000 personnes qui vont découvrir notre pays à travers la Présidence reviendront plus tard en tant que touristes au Luxembourg", a dit le ministre de l’Economie avant d’évoquer les efforts de la secrétaire d’Etat au Tourisme pour professionnaliser le secteur.

Etienne Schneider a ensuite mis l’accent sur les efforts faits par le Luxembourg pour maintenir à un taux élevé le taux d’investissement public qui, avec  4 % du PIB, est un des plus élevés d’Europe. Il a enfin conclu sur un plaidoyer pour un triple "oui" au référendum du 7 juin prochain, en soulignant que le Luxembourg est ce qu’il est aujourd’hui parce qu’il "a toujours su se transformer, s’ouvrir et se réinventer".