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Economie, finances et monnaie
Jean-Claude Juncker salue la constitution d’un "gouvernement d’union nationale stable" en Grèce, se disant persuadé qu’il "honorera la totalité de ses engagements envers la zone euro"
11-11-2011


Le 10 novembre 2011, au terme d’intenses négociations entre les partis politiques grecs visant à mettre en place un gouvernement d’union nationale, un accord a été trouvé sur la personne de Lucas Papademos, ex-vice-président de la Banque centrale européenne, au poste de Premier ministre. Les membres de ce gouvernement de coalition, auquel participent le parti socialiste (Pasok), la droite (Nouvelle Démocratie), ainsi que le parti d’extrême droite Laos, ont prêté serment dès le lendemain. Ce gouvernement pourra compter sur une majorité tripartite de 254 députés sur 300 au parlement monocaméral, les deux autres partis parlementaires de gauche, le parti communiste (KKE) et la gauche radicale (Syriza), ayant refusé de rejoindre cette coalition.

Le Ministère des Finances reste dans les mains du socialiste Evangelos Venizelos qui est aussi maintenu au poste de vice-Premier ministre. Le portefeuille des Affaires étrangères échoit au vice-président de la Nouvelle Démocratie, l'ex-commissaire européen Stavros Dimas.

Parmi les 17 ministres, 14 appartiennent à la majorité socialiste, deux sont conservateurs, avec Stavros Dimas et Dimitris Avramopoulos à la Défense, et un appartient au Laos, Makis Voridis, qui est nommé ministre des Transports. Le gouvernement compte également neuf ministres adjoints et 21 secrétaires d'Etat.

Douze ministres socialistes sortants sont maintenus à leurs postes, dont Andreas Loverdos, Anna Diamantopoulou (qui fut membre de la Commission Prodi) et Georges Papaconstantinou aux ministères de la Santé, de l'Education et de l'Environnement-Energie respectivement, des portefeuilles sensibles au vu des réformes en cours. A la tête du ministre de l'Intérieur est nommé Tassos Yannitsis, ex-ministre dans les gouvernements socialistes de Costas Simitis (1996-2004).

"La constitution du nouveau gouvernement d’union nationale est un premier pas sur une longue route, les autres pas, c’est-à-dire la mise en œuvre méticuleuse du programme d’ajustement, devront suivre rapidement", estime Jean-Claude Juncker

Le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker s’est dit aussitôt "très satisfait que la Grèce dispose maintenant d’un gouvernement d’union nationale stable", assurant "le gouvernement grec de toute [sa] solidarité et de tout [son] soutien". 

"Je suis particulièrement heureux de la désignation de M. Lucas Papademos au poste de Premier ministre et de la confirmation de M. Evangelos Venizelos comme Vice-Premier ministre et ministre des Finances", a déclaré Jean-Claude Juncker par voie de communiqué, expliquant que "les capacités de M. Papademos en matière économique et financière ne sont plus à démontrer, ni d’ailleurs celles de M. Venizelos qui a su gérer la très difficile situation en Grèce et dans la zone Euro avec compétence et courage".

Jean-Claude Juncker s’est dit "persuadé que le nouveau gouvernement grec, qui dispose d’une large majorité au Parlement, ne laissera pas planer l’ombre d’un doute sur son engagement résolu à sortir la Grèce de la situation grave dans laquelle elle se trouve et qu’il honorera la totalité de ses engagements envers la zone euro". Aux yeux du président de l’Eurogroupe, "la constitution du nouveau gouvernement d’union nationale est un premier pas sur une longue route, les autres pas, c’est-à-dire la mise en œuvre méticuleuse du programme d’ajustement, devront suivre rapidement".

Lucas Papademos détaillera dans la soirée du lundi 14 novembre sa politique générale devant le parlement monocaméral avant un vote de confiance prévu pour mercredi. Parallèlement, les experts de la troïka sont attendus cette semaine à Athènes dans le cadre du suivi régulier des comptes grecs et de l'évaluation de la mise en œuvre des mesures pour l'assainissement de l'économie.

"La première priorité est le déblocage de la sixième tranche du prêt consenti au pays en 2010", a déclaré le ministre des Finances Evangelos Venizelos. Il espère que cette tranche sera débloquée lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro.

La deuxième priorité du nouveau gouvernement est, selon Evangelos Venizelos, "la finalisation du projet du budget de 2012, qui doit être déposé au parlement d'ici au 21 novembre". "Le budget doit intégrer automatiquement la dernière révision du plan de moyen terme 2012-2015", et qui comprend "l'essentiel des mesures de rigueur", a-t-il expliqué. Evangelos Venizelos a par ailleurs jugé "urgent le lancement, officiel et public (...), pas plus tard que lundi ou mardi prochain", de la procédure d'effacement partiel de la dette grecque détenue par les créanciers privés.