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Le Conseil européen a commencé à discuter de la stratégie de l'UE pour l’emploi et la croissance qui devrait être validée en juin 2010
Les dirigeants européens ont trouvé un accord sur trois des cinq grands objectifs chiffrés de la stratégie Europe 2020
26-03-2010


Jean-Claude Juncker au Conseil européen le 26 mars 2010 (c) SIP/Jock FistickLe Conseil européen des 25 et 26 mars 2010, marqué notamment par l’accord auxquels sont parvenus, en marge du Conseil, les chefs d’Etats et de gouvernement de la zone euro au sujet d’un éventuel plan de soutien à la Grèce, a aussi été l’occasion pour les 27 de discuter de la future stratégie de l’UE pour la croissance et l’emploi. Le Conseil européen a également fait le point en matière de lutte contre le changement climatique.

Europe 2020 : les objectifs chiffrés en matière de recherche et de développement, de taux d’emploi et de réduction des émissions ont été entérinés

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont discuté du projet de stratégie de l'UE pour l'emploi et la croissance, connue sous le nom de stratégie Europe 2020, que la Commission européenne avait mis sur la table le 3 mars 2010.

Le Conseil a approuvé les principaux éléments de cette stratégie, y compris les objectifs clés qui guideront sa mise en œuvre ainsi que des dispositions visant à en améliorer le suivi. C’est au Conseil européen de juin que sera prise la décision formelle concernant la stratégie.

La nouvelle stratégie portera avant tout sur les quatre principaux domaines dans lesquels des mesures doivent être prises : la connaissance et l'innovation, une économie plus durable, l'amélioration des niveaux d'emploi et l'inclusion sociale. Comme l’a expliqué Jean-Claude Juncker au Tageblatt, qui le cite dans son édition du 27 mars 2010, le nombre d’objectifs a été réduit de 25 à 5 par rapport à la stratégie de Lisbonne dont la nouvelle "Europe 2020" vient prendre la suite.

Un des objectifs chiffrés validé par les dirigeants européens est ainsi d’améliorer les conditions de la recherche et du développement, afin de porter à 3 % du PIB le niveau cumulé des investissements publics et privés dans ce secteur. Un objectif d’une importance toute particulière pour le Premier ministre Jean-Claude Juncker. Ce dernier, qui est cité dans le Luxemburger Wort dans son édition du 27 mars 2010, a annoncé que, le Luxembourg étant encore, avec 2 % du PIB, "assez loin de cet objectif", "il faudrait faire des efforts substantiels dans les secteursJean-Claude Juncker à l'issue du Conseil européen des 25 et 26 mars 2010 (c) SIP/Jock Fistick public et privé".

Les chefs d’Etats et de gouvernement ont aussi approuvé l’objectif qu’avait proposé la Commission d’atteindre un taux d’emploi de 75 % chez les 20-64 ans. Comme l’a expliqué Jean-Claude Juncker, le Luxembourg connaît aujourd’hui un taux d’emploi de l’ordre de 70 % pour cette catégorie d’âge et il a là aussi d’ores et déjà annoncé que des efforts seraient nécessaires pour atteindre cet objectif. Il va s’agir selon lui de changer les mentalités afin d’éviter que les quinquagénaires ne soient marginalisés du marché du travail, ce qui sera "nécessaire afin de garantir un financement à long terme du système de pension".

Le Conseil a par ailleurs réitéré dans la stratégie l’objectif déjà annoncé d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Europe 2020 : les divergences subsistent pour ce qui est de donner des objectifs chiffrés en matière d’abandon scolaire et de réduction de la pauvreté

Les dirigeants européens n'ont cependant pas réussi à surmonter leurs divergences en ce qui concerne les deux derniers objectifs chiffrés, à savoir l'éducation et l'inclusion sociale avec la réduction de la pauvreté.

"Concernant ces deux derniers points, à savoir l'éducation et la pauvreté, nous n'avons malheureusement pas réussi à nous mettre d'accord sur des objectifs chiffrés", a ainsi déploré le Premier ministre luxembourgeois.

La Commission proposait initialement de ramener le taux d'abandon scolaire de 15 % à 10 %, et de diminuer de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté.

Ainsi que l’a rapporté José Manuel Barroso à l’issue du Conseil, certains dirigeants "ont exprimé des doutes, non sur la question de la lutte contre la pauvreté, mais sur la question des compétences : s'agit-il de compétences nationales ou européennes ?". Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a souligné qu’il y avait aussi "un problème statistique" et "un problème conceptuel". "Comment mesurer ces éléments ?", "Pourquoi fixer un objectif en matière de pauvreté quand la réduction du chômage est la solution ?", semblent donc s’être demandés, entre autres, certains dirigeants.

Les chefs d’Etat et de gouvernement devraient se mettre d’accord sur ces points au Conseil européen de juin 2010, ainsi que n’a pas manqué de le préciser Jean-Claude Juncker. Il a par ailleurs appelé à "donner une définition précise à la notion de pauvreté" et il entend proposer que la stratégie Europe 2020 se base à cet égard sur la définition à laquelle étaient arrivés les chefs d’Etat et de gouvernement en 2001 lors du Conseil européen de Laeken. "Il ne suffit pas de réduire la dimension sociale à la réduction de la pauvreté", a en effet expliqué le Premier ministre.

La mise en œuvre de la nouvelle stratégie de l’UE pour l’emploi et la croissance

A la lumière des grands objectifs définis par le Conseil européen, les États membres définiront leurs objectifs nationaux, en tenant compte des positions de départ et des situations qui sont les leurs. La nouvelle stratégie s'attaquera aux principaux freins de croissance au niveau national comme à l'échelon de l'UE. Les États membres établiront des programmes nationaux de réforme dans lesquels ils exposeront de manière détaillée les actions qu'ils entreprendront pour mettre en œuvre la nouvelle stratégie. 

La coordination au niveau de la zone euro sera renforcée pour essayer d'apporter une réponse aux problèmes qu'elle connaît à l'heure actuelle. L'intégrité du pacte de stabilité et de croissance sera pleinement préservée, de même que la responsabilité particulière qui incombe au Conseil ECOFIN d'en surveiller la mise en œuvre.

Le Conseil européen a demandé au président du Conseil européen de mettre en place, en coopération avec la Commission, un groupe de travail composé de représentants des États membres, de la présidence tournante et de la BCE, qui présentera au Conseil, avant la fin de l'année, les mesures nécessaires pour atteindre l'objectif d'un cadre amélioré de résolution de crise et d'une meilleure discipline budgétaire, en explorant toutes les options permettant de renforcer le cadre juridique.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont indiqué qu’il est nécessaire de progresser rapidement dans le renforcement de la réglementation et de la surveillance financières, tant au sein de l'UE que dans les enceintes internationales telles que le G20, tout en garantissant une harmonisation des règles du jeu au niveau mondial. Les travaux portant sur le nouveau cadre européen en matière de surveillance doivent être achevés à temps pour que le comité européen du risque systémique et les trois autorités européennes de surveillance puissent entamer leurs travaux au début de 2011.

Suivi de la conférence de Copenhague sur le changement climatique

En ce qui concerne le changement climatique, le Conseil européen a estimé qu'il est à présent nécessaire de donner une impulsion nouvelle aux négociations et a défini les prochaines étapes.

Les prochaines réunions, qui se tiendront à Bonn, devraient définir une feuille de route en vue de faire avancer les négociations. Il faudrait s'attacher plus particulièrement à intégrer les orientations politiques exposées dans le document final de Copenhague dans les divers textes de négociation. La réunion de Cancún devrait au moins donner lieu à des décisions concrètes permettant d'arrimer le document final de Copenhague au processus de négociation mené dans le cadre des Nations unies et de s'attaquer aux problèmes qui subsistent.