Principaux portails publics  |     | 

Droits fondamentaux, lutte contre la discrimination - Politique étrangère et de défense
Frans Timmermanns et Jean Asselborn ont plaidé d’une seule voix pour une solution politique à la crise syrienne, condamnant la politique menée par le gouvernement hongrois
24-05-2013


A l’occasion de la visite officielle au Luxembourg du couple royal, Jean Asselborn a reçu son homologue néerlandais, Frans Timmermanns le 24 mai 2013. A l’issue de leur rencontre, les deux ministres des Affaires étrangères ont rapporté à la presse la teneur de leurs discussions, qui ont notamment porté sur les relations bilatérales et la coopération dans le cadre du Benelux, mais aussi sur les grands sujets d’actualité européenne et internationale.Jean Asselborn et Frans Timmermanns lors de leur rencontre à Luxembourg le 24 mai 2013 (c) 2013 SIP / Zineb Ruppert, tous droits réservés

La question de la situation en Syrie, qui doit être abordée au Conseil Affaires étrangères du 27 mai 2013, fut un des points essentiels de leurs discussions. Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE risquent d’avoir des difficultés à trouver une position commune sur la question des sanctions de l’Union européenne à l’égard de la Syrie, qui arrivent à expiration le 1er juin 2013, la question de la possibilité de livrer des armes étant un enjeu crucial des débats, les ministres luxembourgeois et néerlandais ont réaffirmé, d’une seule voix, que seule une solution politique était envisageable.

Jean Asselborn, qui se soucie avant tout de voir une solution à la crise humanitaire syrienne, a notamment fait part des espoirs qu’il place dans la conférence de Genève 2 qui devrait permettre de réunir autour de la table les différentes parties qui s’opposent dans la guerre civile. "Nous, Européens, devons trouver une réponse à la crise humanitaire qui fait rage dans ce pays. La conférence internationale, dite Genève 2, pourrait arrêter les atrocités commises sur les civils", a-t-il assuré. Frans Timmermanns, convaincu, comme Jean Asselborn, qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise syrienne, a lui aussi plaidé la voie diplomatique, appelant à ce que le régime d’Assad soit présent à la table des négociations. "La souffrance de la population syrienne est inacceptable et chaque jour qui passe voit des innocents mourir. Lundi prochain, au Conseil des ministres des Affaires étrangères, nous ferons en sorte que I'UE soit un agent qui facilite Genève 2", a ajouté Frans Timmermans.

Les ministres ont poursuivi leur entretien par un tour d’horizon de l’actualité politique européenne, qui a permis de réaffirmer l’importance des valeurs de l’Union, ainsi que de la solidarité entre les États membres. L’occasion pour les deux ministres de réaffirmer leur engagement européen, mais aussi de souligner l’importance et l’urgence d’agir pour lutter contre le chômage des jeunes. "Ni les Etats ni l'Union européenne ne peuvent se permettre de perdre une génération", a expliqué Jean Asselborn, ajoutant que "la paix sociale n'est pas mesurée par les agences de notation mais par le thermomètre de la démocratie". Jean Asselborn ne perd pas de vue en effet les élections européennes de 2014, au cours desquelles il va falloir convaincre les citoyens de la nécessité d’une Europe forte. Frans Timmermanns, qui considère que l’Europe n’est pas le problème, mais bien la solution, a pour sa part le sentiment que l’optimisme est de retour.

Jean Asselborn a insisté sur la menace des nationalismes qui émergent en Europe et sur la nécessité de les combattre. La rédaction du Lëtzebuerger Journal a dès lors interrogé les deux ministres sur l’attitude qu’il convient d’adopter face à l’évolution politique de la Hongrie et aux menaces brandies par la Commission pour contrer ces développements. Pour Jean Asselborn, la politique menée par le gouvernement de Viktor Orban est "une honte". Les deux ministres ont insisté sur l’importance du respect des droits fondamentaux et de l’Etat de droit, Jean Asselborn jugeant inacceptable toute atteinte aux droits démocratiques alors que l’Europe est dans le monde une référence en matière de démocratie et de droits de l’homme. Aux yeux du ministre luxembourgeois, rien ne peut justifier la politique du gouvernement hongrois qui est en train de rompre dans son pays l’équilibre de démocratie, de droits de l’homme et d’Etat de droits valable dans l’UE. Il appelle donc l’UE à utiliser les moyens dont elle dispose. Frans Timmermanns ne voit pas d’un meilleur œil la politique menée par Viktor Orban qui tente de "bétonner ses vues dans la Constitution hongroise grâce à la majorité des deux tiers". Il n’est pas possible que Viktor Orban utilise des moyens démocratiques pour limiter les droits des autres, estime le chef de la diplomatie néerlandaise. Pour autant, Frans Timmermanns estime que faire usage de l’article 7 du traité, ainsi qu’a menacé de le faire Viviane Reding, serait aller trop loin. Il privilégie une solution politique au niveau du Conseil et plaide pour que l’UE se dote de nouveaux instruments pour protéger l’Etat de droit, ce qui pourrait se faire selon lui sans avoir à modifier le traité de Lisbonne.