Principaux portails publics  |     | 

Politique étrangère et de défense
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont trouvé un accord de principe sur le futur Service européen d’Action extérieure
26-04-2010


La réunion conjointe des conseils Affaires générales et Affaires étrangères du 26 avril 2010 (c) Conseil de l'UELe 26 avril 2010, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont trouvé un accord de principe sur la mise en place du futur service diplomatique destiné à porter la voix de l'Europe dans le monde. Les ministres réunis à Luxembourg ont donné un feu vert de principe à une proposition de texte présentée le 25 mars par la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Ashton. Cet accord est une "première étape" avant la poursuite des pourparlers avec le Parlement européen et la Commission, a souligné le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, à l’issue de la réunion.

Le Service européen d'Action extérieure (SEAE) regroupera jusqu’à 8 000 fonctionnaires à Bruxelles et dans les 136 délégations européennes de par le monde. Il est censé conférer "plus de cohérence et d’efficacité à l’action extérieure de l’UE", ainsi que "lui donner plus de poids politique et économique dans le monde".

Le SEAE aidera Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, dans l’exécution de son mandat dans la mesure où il coopérera avec les services diplomatiques des Etats membres, le secrétariat général du Conseil et la Commission européenne. Catherine Ashton sera par ailleurs assistée par un secrétaire général exécutif et deux secrétaires généraux adjoints. Selon la Présidence espagnole, la création du SEAE sera en outre neutre en termes de coûts. Un contrôle politique de cette phase initiale est prévu pour 2013.

A l’issue du Conseil, Catherine Ashton a salué cet "accord politique" qui libère la voie "pour une création rapide du SEAE". Par ailleurs, elle a déclaré que cet accord de principe respecte entièrement les droits du Parlement européen. Et d’ajouter que le SEAE est une réponse européenne aux questions du 21e siècle qui permet à l’UE de mener une politique globale.

Le projet, né du traité de Lisbonne, a fait l'objet d'intenses discussions sur sa structure, son mode de fonctionnement, son financement et ses principaux postes, entre les 27 Etats membres, la Commission de Bruxelles et le Parlement européen.

D’autres sujets abordés par les ministres des Affaires étrangères ont été la nouvelle stratégie Europe 2020 et l’initiative citoyenne prévue par le traité de Lisbonne. Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, n’a pas assisté au Conseil en raison des négociations qui ont eu lieu dans le cadre de la tripartite.

Les ministres de la Défense souhaitent renforcer la sécurité maritime

Hervé Morin et Jean-Marie Halsdorf (c) Le Conseil de l'UELes ministres de la Défense de l'UE, pour leur part, ont pour la première fois pris une décision autonome dans le cadre européen, une évolution institutionnelle découlant de la marge de manœuvre que leur accorde désormais le traité de Lisbonne. Formellement réunis sous la présidence de Catherine Ashton, les 27 ministres, dont Jean-Marie Halsdorf pour le Luxembourg, ont entériné une résolution sur la sécurité maritime, en l'absence de leurs collègues des Affaires étrangères. Le texte demande que soit examiné un renforcement de la coopération entre les pays de l'UE pour la surveillance de l'espace maritime dans la lutte contre la piraterie dans les eaux de l'océan Indien.

L'opération Atalante, qui, au cours de sa première année dans la zone, a réussi à réduire de 50 % le nombre de détournements de bateaux, a été qualifiée de "succès" par les 27 Etats membres. Au cours de la deuxième année, a expliqué Carme Chacón, ministre espagnole de la Défense, les détournements ont été réduits de 25 % par rapport à l'année précédente.

Cet effort sera complété à partir du mois de mai par la mise en place de l'opération européenne visant à former en Ouganda 2 000 soldats somaliens, qui aideront le gouvernement de transition à contrôler la situation dans le pays. Cette mission comptera sur la participation de 141 militaires de 13 pays européens.

Les ministres ont également analysé la situation en Afghanistan lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avec qui ils ont abordé des formules visant à améliorer leur coopération dans l'objectif de ne pas dupliquer inutilement les efforts.

Les ministres ont également abordé la mise en œuvre d'un programme visant à améliorer la protection des troupes européennes déployées en Afghanistan et dans d'autres endroits dans le monde face aux armes artisanales souvent utilisées contre elles. Un projet, qui sera développé par l'Agence européenne de défense (AED), prévoit l'envoi d'experts qui analyseront sur le terrain les attaques et les meilleures façons d'éviter ou de minimiser les dommages.

D’autres sujets abordés par les ministres de la Défense ont été la réaction de l'UE aux catastrophes naturelles, y compris par des moyens militaires, ainsi que les activités de l'AED.