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Emploi et politique sociale
Chômage des jeunes – La Conférence générale de la jeunesse du Luxembourg demande une action politique rapide au Luxembourg et dans l’Union européenne
13-05-2013


Les membres de la CGJL et le ministre du TravailLe 13 mai 2013, les représentants des vingt organisations de jeunesse réunies au sein de la Conférence générale de la jeunesse du Luxembourg (CGJL) ont rencontré le ministre du Travail et de l’Emploi, Nicolas Schmit, pour s’entretenir du chômage des jeunes au Luxembourg et en Europe. Cinq organisations politiques (Adrenalin, CSJ, Déi jonk Gréng, Déi Lénk Jeunes, JSL), quatre syndicales (OGBL- jeunes, Syprolux, Landesverband et LCGJ) et onze de loisirs ont ainsi pu faire part de leurs inquiétudes vis-à-vis de la dégradation actuelle du marché du travail.

Ces doléances furent d’une part exposées par la remise de leur prise de position qui se veut "un appel commun à l’action contre la précarité", fruits de plusieurs mois d'échanges et de réflexions. Dans ce document, la CGJL livre une analyse qui vaut aussi bien pour l’UE que pour le Luxembourg. Les organisations y expliquent que "le taux de chômage des jeunes réagissent de manière plus sensible aux chocs économiques que le taux global". "C’est la jeunesse, qui de manière croissante est confrontée à la flexibilisation des conditions de travail", laquelle conduit à ce que de nombreux jeunes se retrouvent dans "une situation de transition précaire entre leur formation et l’emploi fixe". Cette situation nourrit "un pessimisme vis-à-vis du futur contre lequel "il faut agir de manière décidée", diagnostiquent-ils.

Surtout, ces organisations attribuent un enjeu sociétal à la lutte contre le chômage des jeunes. "Quand des générations entières ont de plus en plus de difficultés à trouver un travail, cela ne touche pas seulement les premiers concernés, mais la société tout entière", disent-ils. "Il ne s’agit pas seulement de coûts sociaux et d’une charge intenable à terme pour le système social, mais aussi de la cohésion de la société et de destins humains."

Au-delà des taux importants et de la durée des périodes de chômage, les jeunes relèvent le recul de la qualité des postes de travail auxquels ils peuvent prétendre, en Europe "et aussi au Luxembourg". "Le chemin vers l’emploi stable revêt toujours plus souvent des formes d’emploi précaires (contrat de travail à durée déterminée, revenu bas, stages non rémunérés). Cette précarité couve des conséquences graves pour la vie familiale et sociale de beaucoup de jeunes", préviennent-ils. Or, les jeunes se disent incertains de pouvoir dire qu’il s’agit bien d’une transition, d’un "tremplin" vers un emploi fixe ou si, en fin de compte, la plupart ne resteront pas "piégés entre emplois à durée limitée et des périodes de chômage".

La CGJL demande ainsi au gouvernement luxembourgeois d’assumer ses responsabilités vis-à-vis des jeunes et de "prendre les mesures nécessaires, dans le pays, et sur la scène européenne, pour que la situation des jeunes sur le marché du travail s’améliore". Ils demandent notamment un programme pour faciliter la transition de l’école vers le monde du travail, l’amélioration de l’orientation professionnelle, la garantie de places décemment payées et de conditions de travail règlementées. Ils espèrent aussi l’augmentation de l’offre en stages et en formations assortis d’un revenu garanti et d’un droit à la sécurité sociale. Ils proposent la création de nouveaux postes de travail par le développement des emplois verts et suggèrent la reconnaissance des compétences obtenues de manière informelle. "Avant tout, il faut empêcher que l’emploi précaire devienne la normalité. Nous refusons catégoriquement de tels modèles indignes" disent-ils, avant de rappeler : "Nous sommes les futurs artisans, avocats, chercheurs, fonctionnaires, entrepreneurs… Nous sommes les décideurs politiques de demain."

Un communiqué de presse du ministère du Travail et de l’emploi donne quelques renseignements sur la tenue des débats qui ont suivi la remise de ce document. Ont notamment été évoqués les sujets principaux exposés par la CGJL, à savoir l'accès difficile des jeunes à un premier emploi ou encore les conditions de travail précaires qu’ils peuvent rencontrer sur le marché du travail.

Le ministre du Travail, Nicolas Schmit, a acquiescé à la revendication d’un soutien plus important des jeunes afin qu’ils réussissent leur entrée dans la vie de travail mais aussi au souci de faire précéder "des futures mesures budgétaires d’austérité" d’une évaluation "quant à leur impact sur la situation des jeunes".

La mise en place de la "garantie jeunes", adoptée en février 2013 et visant à proposer un emploi, une mesure ou une formation aux jeunes, dans les quatre premiers mois de leur de leur inscription à l’Administration de l’emploi, a par ailleurs elle aussi été évoquée. Dans ce contexte, "le ministre a expliqué qu'il espérait pouvoir agrandir le service "emploi des jeunes" de l'ADEM pour améliorer l'encadrement des jeunes demandeurs d'emploi", lit-on dans le communiqué de presse du ministère.